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Actualités

Le voyage intérieur du bruit. De l’oreille au cerveau

Par Café Littéraire • 12 avr 2018 • Catégorie: Actualités

Le voyage intérieur du bruit
De l’oreille au cerveau

Auteur : Eugène-Fernand Loubelo
Folio : 96 pages, Format : 148mm*210 mm
Poids : 110 gr
Première édition : 28 mai 2014
Seconde édition : 25 mars 2018
Prix Public T.T.C. : 15 €
ISBN : 2-84220-162-3
Contenu de l’ouvrage :
Ce livre présente d’abord les caractéristiques physiques du bruit, quelle que soit son origine, son entrée dans l’organe de l’ouïe, ainsi que les mécanismes électriques et chimiques de sa propagation à l’intérieur des structures auditives. Il montre leur intégration dans les différents réseaux de neurones de la chaîne auditive, et leur analyse dans les aires du cortex auditif.
Il rappelle les techniques de recueil de l’activité électrique cérébrale, correspondante à la stimulation, par le bruit ou le son, des oreilles. L’étude démontre les effets du bruit sur l’activité cérébrale. Elle met en évidence la différence entre les deux hémisphères cérébraux ainsi que la différence de sensibilité entre les deux oreilles.
Enfin, cet ouvrage met en garde tout citoyen, et surtout la jeunesse, sur les risques encourus lors d’une longue exposition à un bruit intense. Il propose quelques conseils pour conserver une bonne audition, grâce à une hygiène des oreilles. Il interpelle également les pouvoirs publics, qui doivent édicter et établir, en permanence, les règles de vie, les normes autorisées, en vue d’un confort acoustique en société.
Qui est l’auteur? : Eugène-Fernand LOUBELO est Physiologiste et Docteur en Neurosciences de l’Université de Bordeaux 2.
Sa thèse, effectuée au laboratoire de Médecine expérimentale de l’hôpital Pellegrin de Bordeaux avait porté sur « Les potentiels évoqués cérébraux et l’Effet de masque auditif chez l’homme ».
Universitaire, chercheur, il est Neuro-physiologiste, Neuro-cytologiste et Audiologiste.
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L’auteur : Eugène-Fernand Loubélo


Bivumu : Gestations entre guerres et avenir

Par Café Littéraire • 29 mar 2018 • Catégorie: Actualités, Évènements

Bivumu : Gestations entre guerres et avenir

Auteur : Mue Mpuati Luemba

Format : 200*130 mm / Folio : 160 pages
Poids : 180 gr / Parution : 20/03/2018
ISBN : 978-2-84220-161-6 / Prix : 15€

Argumentaire

Bivumu en langue congolaise, ce sont les gestations, les ventres, les centres de la vie. L’œuvre présente les parcours singuliers de maternités confrontées à plusieurs conflits. Un couple souhaite donner la vie en temps de guerre, un second est tourmenté par l’arrivée d’un embryon. Ce diptyque, formé d’un drame suivi d’une comédie, relate deux aventures trépidantes.
Mfua, juin 1997
Muntu et Mbota filent le parfait amour dans l’attente d’un bébé, lorsqu’éclate la guerre à Mfua (Brazzaville). Le couple est alors tiraillé entre la loyauté et leur rêve d’avenir.
Suivi de
Ndoki, le sorcier et l’enfant
Malgré les controverses scientifiques de son fiancé Zaba, Doli décide d’avorter. Mais de retour chez le médecin, l’embryon a disparu !
Extraits :
Muntu : Je sais… Ce que j’ai dit des rumeurs extérieures est suffisant. Je ne veux plus continuer à salir l’atmosphère, pour notre fille. Il ne nous reste plus qu’à foutre le camp d’ici, comme ils le disent à l’extérieur… Prendre le nécessaire, des papiers, de l’argent… (Un silence. Comme réfléchissant). Oui, il n y a pas d’annexion… (Avec une pointe de chagrin).
On raconte qu’en ce 5 juin 1997 sur l’avenue Miadeka, proche du marché Ouenzé, dans l’après-midi, on a vu une colonne de miliciens Cobras. Tenue camouflée dirigée par un mec ressemblant à O’Tshombé… C’est un sosie qui s’appellerait soi-disant Ondele, colonel Ondele…, un Tsheck.
Mbota : Quel colonel ! N’est-ce pas ce cheminot qui travaillait avec le cousin de papa ? ça doit être Ondele Iwuz.
Muntu : … On l’a vu diriger une patrouille de Cobras, venue de Mpila en pleine journée du 5 juin au marché Ouenzé…
Un silence.
Mbota : Je comprends ! En effet… (Considérant son corps) Par ailleurs tu es encore vivant et il va falloir purifier et protéger ta vie, purifier et protéger nos vies… (Se levant pour aller prendre quelque chose, puis revenant avec une petite bouteille d’alcool à usage médical) Voici de quoi désinfecter tes plaies et de quoi te soigner (revenant vers lui).
….
L’auteur Mue Mpuati Luemba
Doli : Quoi ?
Zaba : Tranquillise-toi. Et ma dernière découverte repose sur le regard. J’ai découvert que le regard est diagnostiquant : on peut découvrir toutes sortes de maladies, seulement en regardant. Des maladies existantes, à venir, ou encore lointaines dans leurs causes. Si on sait comment regarder, le regard ne trompe pas ; et, « un regard vaut mieux que tous les mots ». Que tous les « maux » !
Doli : Ah ! Ça alors !
Elle se met à beaucoup tousser…
Zaba : Ça se soigne en quelques secondes.
Doli : C’est ta faute (toussant) ! Tu me fais trop parler…
Zaba : Promets-moi de changer, et je te soigne illico.
Doli : (Toussant) Quoi ?
Zaba : Si j’étais médecin, je refuserais de soigner toute personne qui ne me promettrait pas de changer sa façon de vivre. C’est trop facile que de soigner les gens pour quelques heures : ils retombent dans leurs faiblesses, et c’est un travail inutile que de les avoir traités – car après, il faut recommencer.
….
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Café Littéraire du 01 avril 2018
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Résistances Congolaises En Sol Majeur

Par Café Littéraire • 4 mar 2018 • Catégorie: Actualités, Café littéraire, Évènements
Résistances Congolaises
En Sol Majeur
Auteur : Serge Félix-Tchicaya
Format : 110*180 mm / Folio : 96 pages
Poids : 90 gr  / Parution : 01/03/2018
ISBN : 978-2-84220-160-9 / Prix : 10€

Dans l’histoire de l’humanité, tous les peuples luttent pour l’avènement d’un monde meilleur, à partir de leur vécu quotidien. Chaque citoyen lambda œuvre dans son petit coin, avec les moyens de bord dont il dispose.

La poésie engagée de Serge Félix-Tchicaya arrive à point nommé. Elle interroge un vouloir-vivre ensemble des Congolais qui s’est effrité depuis des décennies.

C’est une poésie de l’engagement, une poésie de la responsabilité qui titille tout Congolais où qu’il se trouve…

« Où étais-tu Likouala

Lorsque la belle Mindouli

Se parait d’or

Le jour de mon inhumation ?

As-tu interrogé les nombreuses grottes de Tchiopo ?

Peut-être que

La jeune fille aux hanches pulpeuses s’y cache encore

Laisse-moi donc conter à l’oiseau qui choit

L’histoire des idéaux qui tendent le voile sacré

Et je marche comme un imbécile

Attendant un message d’espoir de Kiélé

Qui n’a toujours pas de tombe… »

Serge Félix-Tchicaya

Paris, 1er mars 2018

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Invitation au Café Littéraire du 01 avril 2018

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Cahiers Congolais de Métaphysique Vol. 2&3, 2016 – 2017 : Lectures du Cogito cartésien

Par Café Littéraire • 17 août 2017 • Catégorie: Actualités, Contributeurs et auteurs

Cahiers Congolais de Métaphysique
Vol. 2&3, 2016 – 2017
Lectures du Cogito cartésien

Charles Thomas Kounkou (Sous la dir. de)
ARGUMENTAIRE :

Lectures du cogito cartésien


Il faut toujours revenir à Descartes. Car avec Descartes s’opère, sous le nom de philosophie moderne, le recommencement de la philosophie. Telle est la thèse qu’avancent l’idéalisme allemand et la phénoménologie. Si l’idéalisme allemand affirme bien le recommencement cartésien de la philosophie, l’enjeu d’une telle affirmation diffère pourtant de Hegel à Schelling. Alors que Hegel fait l’éloge du recommencement cartésien de la philosophie, Schelling  pense au contraire le recommencement  cartésien de la philosophie comme une seconde enfance et un retour de la philosophie à l’état de minorité.

La phénoménologie, qui annonce la « nécessité d’un recommencement radical de la philosophie », revendique, dans cette perspective, une ascendance cartésienne. Même si cette revendication, que formule Husserl, s’accompagne chez Heidegger d’une certaine réserve au regard de l’instauration cartésienne de la métaphysique de la subjectivité.

«  Lectures du cogito cartésien » rassemble, conformément à son énoncé, des articles consacrés respectivement à l’équivocité du Cogito, à la relation de l’ego à Dieu et à la réception heideggerienne du Cogito. Mais également des articles qui portent sur le travail des philosophes dont l’œuvre se construit, en partie,  à travers un dialogue avec Descartes. Notamment Locke dont les réflexions sur l’identité personnelle sont analysées à la lumière du Cogito cartésien. Et Hobbes dont la rationalisation des passions politiques est pensée ici en continuité et en rupture avec l’entreprise galiléenne de mathématisation de la nature. L’article sur l’herméneutique chez Schleiermacher et Dilthey, qui clôt le deuxième numéro des Cahiers congolais de métaphysique, complète en réalité le dossier du premier numéro de la revue sur « Herméneutique et phénoménologie ».

Charles Thomas Kounkou

ABSTRACTS RESUMES

Cahiers Congolais de Métaphysique, vol. 2/3, 2016-2017

1– Sur l’équivocité du Cogito cartésien

Charles Thomas Kounkou

ABSTRACT

Cartesian cogito is not univocal, but equivocal. Indeed, there are two different expressions of Cartesian cogito. First, the expression of Discours de la méthodeJe pense, donc je suis. And then, the expression of Meditationes de Prima philosophiaeEgo sum, ego existo. These expressions appear in 1637 for the first and in 1641 for the second.  We propose in this work to read through the prism of these two Cartesian cogito expressions three difficulties of Cartesian metaphysics. The first difficulty is about on character non-syllogistic of Cogito. The second difficulty is based on the reduplication of being through reference to existence in Cogito expression of Meditationes de Prima philosophiae. The third difficulty, which does not come from to the deployment of Cartesian metaphysics, but his reception, refers to the interpretation of Cartesian cogito as a performance.

RéSUMé

Le Cogito cartésien n’est pas univoque, mais équivoque, puisqu’il donne lieu à deux énoncés distincts. D’abord, l’énoncé qui apparaît en 1637 dans le Discours de la méthode – « Je pense, donc je suis ». Et ensuite, l’énoncé qui s’instaure en 1641 dans les Meditationes de Prima Philosophia – « Ego sum, ego existo ». Nous proposons, dans cet article, de relire au fil conducteur de ces deux énoncés du Cogito, trois difficultés de la métaphysique cartésienne. La première difficulté a trait au caractère non-syllogistique du Cogito du Discours de la Méthode. La seconde difficulté se fonde sur le redoublement de l’être à travers la référence à l’existence dans l’énoncé du Cogito des Meditationes. La troisième difficulté enfin, qui relève non pas du déploiement de la métaphysique cartésienne, mais de sa réception, participe de la dimension performative du Cogito.


2– L’ego sum et l’idée de Dieu dans les Méditations métaphysiques de Descartes

Patrick Datsyn Mboungou

ABSTRACT

Caterus noticed in the ego sum statement the confusion of Descartes between the finity and the infinity, because what can exist by itself has no exterior cause. This implies that it possesses a divine nature. Yet it should be considered that this interpretation of the ego sum which is related to an anterior situation to the discovery of a clear and distinctive idea of God has no foundation. If in the first point of this article we have explained how the ego goes of God being able to do everything to a clear and distinctive idea of God. Secondly, we have clearly demonstrated that Caterus analysis is about the ego sum of the second meditation is groundless. The confusion about the interpretation of the cogito statement can then be taken as proof. In fact, the fact of thinking doesn’t clearly demonstrate by the third meditation in which Descartes shows the cause of the ego sum in God. Thus, the ego is certain that he thinks because he has the idea that he thinks. So when Descartes writes “I exist”, it doesn’t mean  the fact of existing which  consist on the fact of thinking, but from the idea  or representation which is conscience of this action, justifying the repetitive use of the following statement “I am, I exist”. The certainty of the existence results from the conscience of the action of thinking thanks to which I can be certain of my existence. The ego sum statement doesn’t imply the existence but the conscience of the existence.

RéSUMé

La découverte de l’idée du Dieu véridique dans la Troisième Méditation a eu pour effet d’entraîner une évolution de l’être de l’ego sum de l’infinité à la finitude réelle ; ce que nous avons montré en recourant à l’élucidation des différentes figures de l’idée de Dieu dans les Méditations métaphysiques. En effet, notre point de départ est une objection de Caterus dans laquelle il se livre à une interprétation du Cogito de Descartes. Selon Caterus, l’ego de Descartes est en même temps qu’il pense, ce qui signifie qu’il est par soi comme Dieu. L’être par soi est le mode d’être qui échoie à l’ego. Or, dès la Troisième Méditation, Descartes montre que l’idée du Dieu trompeur est sans objet, au contraire de celle d’un Dieu véridique. Ne pouvant être la cause de cette idée, l’ego sum découvre sa finitude réelle. Mais on peut se demander si Caterus a bien compris Descartes. Car nous pensons qu’il se trompe sur l’usage que fait Descartes du terme par soi. Si l’ego se comprend aisément dans la formule du Cogito être par soi, cela ne s’entend pas relativement à Dieu mais au corps comme cela est clairement dit dans le Discours de la Méthode, ainsi que nous le montrons en la troisième  partie de notre texte.


3– Heidegger lecteur de Descartes : Ego cogito, ergo sum

Orphon Prince Malouono

ABSTRACT

This article’s ambition is to comprehend Descartes’ cogito by going through its Heidegger’s reading. Raised up to the first principle of his philosophy that Heidegger questioned, this is that Descartes’ evidence : “I think, therefore  I am.” The object of our questioning in this present meditation aims at first the essence of the “ego” of the “self” in such that it is fundamentally determined by the though; then, it attempts to establish the internal and intimate cohesion that ties up between the being and the mind. Since the ego is thinking in his essence, in his thought, the ego is himself taken as the first object. In the cogitatio, the ego is the first cogitatum; this last who is always set as the foundation of all representation. The being of the man-his self is in effect the first stuff that fills its first perception to purvey the firm ground upon all other perceptions of things find an assured foundation. It is in that that Heidegger says that with Descartes the essence of the man has become the Subjectum, smashing him up therefore. Being himself the foundation of the thought, the ego exists only in the extent that it is entirely in his thinking being- the thinking act. The “I think ; therefore, I am” does not intend/imply the consequence of the thought; controversially, the wording establishes the indefectible union of the being and the thought; for, to think one must be, and the ego is only thinking in his being.

RéSUMé

Cet article ambitionne de comprendre le Cogito de Descartes en partant de la lecture que Heidegger lui consacre. C’est l’énoncé de Descartes : «  je pense, donc je suis », élevé au rang de premier principe de sa philosophie que Heidegger révoque en doute. Dans ce but, il saisit d’abord l’essence de l’ego, du « Je » en tant qu’il est déterminé fondamentalement par la pensée, puis tente d’établir la cohésion interne et intime qui se noue entre l’être et la pensée. Puisque l’ego est dans son essence penser, dans sa pensée, l’ego lui-même est pris à titre de premier objet. Dans la cogitatio, l’ego est le premier cogitatum, celui-là même qui est toujours posé comme fondement de toutes mes représentations. Heidegger laisse entendre qu’avec Descartes, l’essence de l’homme est devenue Subjectum, le gisant au fond. Comme fondement de la pensée, l’ego n’est que dans la mesure où il est entièrement en son être penser. Le « je pense, donc je suis » n’entend pas faire de l’être la conséquence de la pensée, bien au contraire, l’énoncé établit l’union indéfectible de l’être et de la pensée. Car pour penser, il faut être ; et l’ego n’est en son être que penser.


4De l’inné et de l’acquis : le problème de l’identité personnelle chez Descartes et Locke

David Mavouangui Vangou

ABSTRACT

The second Metaphysical meditation of Descartes and the second book of the Essay concerning Human Understanding revolve, to a certain extent, around the same philosophical problem. This problem can be summarized in the following question: What is the essence of the soul in relation to a body which supposedly deceives us a few times? This question brings us to another one. What makes man or a person? Even if Descartes is not really interested by the identity matter, he responds by using the attributes of the soul. Whereas for Locke, identity finds its meaning only in the empirical determinations of the name with which it is associated. Taking for example the talking parrot story, Locke thinks that the attributes of the soul raises a problem of incompleteness. We need to see that John Locke rejects innate theses by using Aristotelian proposition ‘’ It is impossible that one thing is and not at the same time’’ like a pretext. In truth, it is a veiled criticism that he addresses to Descartes. The strange similarity on the order of redaction of the question of identity in their respective works proves it. The second book of the Essay refers to the second Meditation as to an opposite.

RéSUMé

La deuxième Méditation métaphysique de Descartes et le second livre de l’Essai sur l’entendement humain de Locke s’articulent, dans une certaine mesure, autour d’un même problème philosophique : quelle est l’essence de l’âme, face aux supposées tromperies du corps ? Cette question suppose sans conteste une autre : qu’est-ce qui fait l’homme ou la personne ? Descartes répond en faisant recours aux attributs de l’âme – bien qu’il ne s’intéresse pas véritablement aux thèses sur l’identité. Selon Locke, l’identité ne trouve son sens que dans les déterminations empiriques du nom auquel elle est associée. En prenant pour exemple l’anecdote du perroquet qui parle, Locke pense même que le recours aux attributs de l’âme (comme le fait Descartes) soulève un problème d’incomplétude. Il faut dire que si Locke récuse les thèses relatives à l’inné en prenant pour prétexte la proposition aristotélicienne : « Il est impossible qu’une chose soit et ne soit pas en même temps », c’est en réalité une boutade qu’il adresse à Descartes, à travers un dialogue implicite. L’étrange similitude de l’ordre d’évocation de la question de l’identité dans leurs ouvrages respectifs le prouve. Le second livre de l’Essai se rapporte à la Seconde Méditation comme à un contraire.


5Le langage dans la méthode résolutive compositive de Galilée à Hobbes

Charles Le Bon Nkourissa

ABSTRACT

It is a matter of examining elements which would justify a rapprochement between Galileo and Hobbes, considered as two initiators of the scientific revolution, one in physics and the other in political science. The analysis will be conducted from their methodological approach essentially defined by Mathematics which are for the two authors the norm of demonstration because they reveal the truth in their content and form. In this, emphasis will be put on experience as a determining factor of the certainty of reasoning in both authors insofar as it allows going from the principles and causes of human knowledge to deduce from it the knowledge of singular things both in physics and political science. This experience will be the subject of rupture of the two authors with the Aristotelian tradition that relies on formal logic as certainty of reasoning while only mathematics in relation with physics, constitute the most rigorous method of thinking, capable of giving all its value to the knowledge of the nature of physics for Galileo and Hobbes. Then we will establish divergent elements in both authors ‘approach. For Galileo the object of the method is the physical nature, on the other hand, for Hobbes the object of the method is passions and interests of men. Consequently we move from the mathematisation of the nature to the probability of the mathematisation of the political language. However, would it be legitimate to evoke the scientificity of this method in Hobbes where it is deployed in passions which are unpredictable ? Would it be a matter of the same resolute compositive method from Galileo to Hobbes ?

RéSUMé

Il est question d’examiner les éléments qui justifient d’un rapprochement entre Galilée et Hobbes, considérés comme deux initiateurs de la révolution scientifique, l’un en physique et l’autre en science politique. L’analyse est menée à partir de leur démarche méthodologique essentiellement définie par les mathématiques, qui sont pour les deux auteurs, la norme de la démonstration, parce que révélatrices de vérité dans leur contenu et dans leur forme. L’accent est mis, d’une part, sur l’expérience comme élément déterminant de la certitude du raisonnement chez les deux auteurs, dans la mesure où elle permet de partir des principes et des causes de la connaissance humaine pour en déduire la connaissance des choses singulières, tant en physique qu’en science politique. Et d’autre part, sur l’expérience comme objet de la rupture des deux auteurs avec la tradition aristotélicienne, qui s’appuie sur la logique formelle comme certitude du raisonnement, tandis que seules les mathématiques, en rapport à la physique, constituent la méthode de pensée la plus rigoureuse, capable de donner toute sa valeur à la connaissance de la nature physique pour Galilée et Hobbes. Ensuite, nous établissons quelques éléments divergents dans la démarche des deux auteurs. Pour Galilée, la méthode vise essentiellement la nature physique, alors qu’elle s’attache aussi, à côté de la nature physique, chez Hobbes, à la nature de l’homme, c’est-à-dire aux passions humaines. Dès lors, nous passons de la mathématisation de la nature à la mathématisation du langage politique. Toutefois, est-il légitime d’évoquer la scientificité de cette méthode chez Hobbes où elle se déploie dans les passions qui sont, par nature, imprévisibles ? S’agit-il de la même méthode résolutive compositive de Galilée à Hobbes ?


6– L’herméneutique chez Schleiermacher et chez Dilthey : de l’interprétation des textes à la quête du fondement des sciences sociales.

Augustin Rugwiro

ABSTRACT

From antiquity to the modern era, hermeneutics could only be considered as far as texts analysis was concerned. But if before Schleiermacher it was perceived essentially as an organon of texts understanding, thanks to him this area of study has become a true science of the comprehension theory. The concept of understanding in the Schleiermacher’s approach inspired Dilthey, particularly in the hermeneutic universality which transcends the specificity of different fields of texts. The merit of Dilthey would be to have shown how the future of social sciences is essentially founded on hermeneutics. From the “interpretation and understanding” of texts to “interpretation and understanding” of human phenomena, hermeneutics is enriched in its conception as opposed to the positivist approach of the human sciences developed by August Comte.

RéSUMé

Depuis l’antiquité jusqu’à l’époque moderne, l’herméneutique ne pouvait être envisagée que dans le cadre des textes. Mais si avant Schleiermacher, elle était perçue essentiellement comme un organon de la compréhension des textes, avec lui elle s’est constituée en une véritable science, celle de la théorie de la compréhension. Le concept de compréhension dans son approche schleiermachérienne a inspiré Dilthey, notamment en son universalité qui transcende la spécificité des différents domaines  textuels. Le mérite de Dilthey est d’avoir montré comment le devenir des sciences de l’esprit est essentiellement fondé sur l’herméneutique. De « l’interprétation et de la compréhension » des textes à « l’interprétation et à la compréhension » des phénomènes humains, c’est l’herméneutique qui s’enrichit dans sa conception, en opposition avec l’approche positiviste comtienne des sciences sociales. Comme on peut s’y attendre, ce texte constitue essentiellement une approche historique.

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Génocide à huis clos dans le Pool en République du Congo-Brazzaville

Par Café Littéraire • 1 juin 2017 • Catégorie: Actualités, Livres

« To ko barrer bino« , on va vous tuer,… répète le bourreau à sa victime

SOS POOL

Avant-Propos : Les dernières heures de Loko à Nganga Lingolo, ce 1er juin 2017.

La vidéo de ce 1er juin 2017 prise à Nganga-Lingolo, montre que la guerre d’extermination des ressortissants du Pool résidant à Brazzaville est déjà en marche. En effet après avoir vidé les villages de leurs populations. Celles-ci sont venues massivement à Brazzaville croyant y trouver la sécurité. Sans savoir que dans le nouveau plan concocté par Sassou et son cabinet d’extermination des ressortissants du Pool, il fallait d’abord rendre les villages invivables puis prendre en sandwich entre le CCF (Centre Culturel Français, actuel Institut Français) et Nganga Lingolo, les habitants de Bacongo Makélékélé, pour leur extermination.

La scène qui va suivre est très grave. Il y en a eu des milliers pire que celle-ci au Congo depuis 1997. Mais celle-ci montre les dernières heures de Loko et ses concitoyens d’infortune, jetés dans la benne d’une camionnette de police. Loko a reçu une balle dans son dos au niveau du bassin… Les bourreaux sont des Congolais comme lui…


Avec cette vidéo, en cliquant sur le lien NgangaLingolo imaginez le drame que les Congolais du Pool  subissent depuis plus d’une année :

NgangaLingolo

Argumentaire

Les populations du Congo Brazzaville, opposées au changement constitutionnel du 25/10/2015, ainsi qu’au Hold-Up électoral du 04 avril 2016 opéré par le Dictateur-Tyran Sassou-Nguesso, vivent sous un état de siège militaire et policier. C’est particulièrement le cas des populations du département du Pool, qui depuis le 04 avril 2016 sont annihilées à travers un programme d’extermination de masse bien élaboré.

Lequel a commencé, le 5 avril 2016 par la destruction des registres d’états civils, des quartiers sud de Brazzaville, Bacongo, Makélékélé, M’filou, qui datent de l’époque coloniale. C’est dans ces mairies que les populations du Pool, venues des villages viennent généralement enregistrer les naissances.

Comme en 1998, le prétexte a vite été fabriqué par Mr Sassou en armant des anciens Ninja-Nsilulu, ayant par le passé servi auprès de Frédéric Ntumi. Ceux-ci, avaient terrorisé les populations de Brazzaville et mis le feu aux bureaux d’Etats-Civils des mairies, le 05/04/2016. Le pouvoir avait crié au terrorisme, pour se donner bonne conscience et coller à la mode internationale. La mythomanie de Sassou se comprend aisément par cette phrase : « … Brazzaville Sud a subi une attaque terroriste par les Ninja-Nsilulu de Frédéric Binsangu Ntumi… Ces « terroristes » sont opposés à ma réélection, donc il faut que l’armée aille les déloger ».

Ainsi, depuis avril 2016, les populations du Pool sont bombardées et décimées. Ce qui se passe dans le Pool est innommable, et dépasse de très loin le génocide rwandais de 1994. Aucune organisation humanitaire n’a été autorisée à s’y rendre. La seule organisation congolaise, Caritas, contrôlée par le pouvoir, ne nous dévoile que le pic d’un iceberg de crimes qui rivalisent en horreur avec les atrocités des Nazis en Europe.

Comme en 1998, cette fois-ci Ntumi n’est qu’un prétexte. C’est Sassou Nguesso et son système mafieux qui a décidé d’en finir avec les populations du département du Pool, et ceci en deux phases :

Phase 1 – Vider complètement tous les villages de leurs habitants, pour les remplacer par des miliciens recrutés dans d’autres pays africains. Pour leur installation, ces miliciens seront financés sur des projets agricoles et constitueront un nouvel électorat acquis à sa succession monarchique. Ceci peut se vérifier aisément entre Nganga-Lingolo et Kinkala, le long de la nationale n°1, où les populations ont été remplacées par des hommes en armes.

Phase 2- Comme en avril 2016, un groupe de miliciens sera instrumentalisé pour commettre des exactions dans Brazzaville. Ce qui permettra à Sassou d’actionner le second volet de son projet macabre. Sous le prétexte fallacieux que les terroristes sont entrés dans Brazzaville, il va enfin rééditer le mode opératoire du 18 décembre 1998 consistant à ratisser parcelle par parcelle, Bacongo, Makélékélé et M’filou pour exterminer de nouveau les civils. Les conditions sont en train d’être réunies pour activer cette seconde phase. La déclaration de la Fédération IDC Focad signale : « … Les unités gouvernementales tombent de plus en plus dans les embuscades des partisans du Révérend Pasteur Ntoumi… ». Même si une autodéfense éparse de  résistants se manifeste sporadiquement, celle-ci n’est pas à l’origine de l’extermination des populations civiles.

Toutes les tragédies humaines en cours au Congo sont de la responsabilité de Sassou Nguesso et son armée de mercenaires.

Ainsi, sur le théatre du Pool, Sassou joue également le rôle de pompier pyromane qu’il a déjà expérimenté en 1998 (Les exécutions des six chercheurs congolais à Goma Tsétsé, ainsi que les tueries de Mindouli) et en 1999 (Les disparus du Beach). Il envoie des troupes régulières, des jeunes recrus, dans certains villages du Pool pour soi-disant assurer la sécurité des populations et chercher Ntumi. Mais en même temps, il donne des ordres à d’autres unités militaires issues soit de Tchambitcho, soit de sa Garde Républicaine (GR), soit de mercenaires expérimentés. Ces unités vont prendre en embuscade les troupes régulières qui tombent, pour perpétuer le mensonge de terroristes installés dans le département du Pool. Les hélicoptères de combat ont même été utilisés pour exécuter les militaires de l’armée dans le Pool.

Les succès militaires attribués aux résistants du Pool, relayés dans les réseaux sociaux, sont exagérés. Ils visent à escamoter le fait qu’en 14 mois de siège, plus de 350 villages ont été rayés de la carte du Congo et près de 300.000 personnes ont disparu. Ces disparitions sont-elles le fait des résistants ?

Les résistants du Pool n’ont jamais déclenché une quelconque guerre pour venir conquérir le pouvoir  à Brazzaville. Mais ils résistent simplement au génocide en cours.

Sassou fait diversion auprès de la communauté internationale. Le référendum ayant été anticonstitutionnel, le hold-up électoral de 2016 ayant été un gros mensonge. Sassou crée de son propre chef une guerre d’extermination des civils dans le Pool pour faire oublier l’imbroglio institutionnel qui règne dans ce pays qui navigue entre deux constitutions.

Le mythomane Sassou, pour continuer à coller à la donne internationale, est obligé lui-même, parfois,  d’organiser le meurtre de ses propres militaires, pour légitimer avec hypocrisie la thèse que son armée combat des terroristes, qui sévissent dans le département du Pool, et qui causent des pertes dans ses rangs.

D’où cette tribune. A compter de ce 1er juin 2017, à travers cette vitrine, Paari éditeur, va relayer cette actualité de crimes humains pour que la communauté internationale qui refuse de saisir le conseil de sécurité de l’ONU sur cette tragédie, ne dise plus qu’elle ne savait pas.

Paris le 1er juin 2017.

Mawawa Mâwa-Kiese

Ancien Parlementaire (Janvier 1998 -Décembre 1998), ayant démissionné à cause du génocide du 18 décembre 1998 qui s’est poursuivi jusqu’en 2002.



Le Griot de Dieu. Vie et œuvre de Monseigneur Barthélémy BATANTU

Par Café Littéraire • 28 fév 2017 • Catégorie: Actualités, Café littéraire, Évènements

Le Griot de Dieu
Vie et œuvre de Monseigneur
Barthélémy BATANTU

Auteur : Ange-Marie Bayaloula Moukouba
Format : 135*210 mm / Folio : 192 pages
Poids : 240 gr  / Parution : 15/02/2017
ISBN : 2-84220-099-2 / Prix : 20€
Résumé :

La biographie de Mgr Batantu dans Le Griot de Dieu, est un texte novateur dans son style ainsi que son écriture. Il dévoile l’existence d’un lien fondamental entre l’enracinement dans la culture de base chez certains génies, et les aptitudes que ceux-ci développent dans la création des passerelles avec les civilisations étrangères.

« Qui aurait pu imaginer, que fils de féticheurs, cet homme aux qualités artistiques reconnues pouvait prendre la tête de file de pionnier de l’inculturation et convaincre par ses méthodes de pastorale de proximité ? » Pour évangéliser sans heurts les sociétés africaines, « … il aurait fallu, en apportant cette nouvelle religion née sur les bords du Jourdain, flairer ce que Dieu avait déjà jeté en nous comme semence du Royaume des cieux »  Là où le bât blesse, c’est que la mission civilisatrice et évangélisatrice faisait comprendre aux Africains «  que leurs croyances antérieures étaient nulles, toutes erronées… Et, on a cru mettre Dieu dans les cœurs privés de leur nature. D’où l’échec qui nous poursuit jusqu’à ce jour… »

Monseigneur Batantu est né de parents qui sont héritiers de puissantes pratiques culturelles précoloniales. Il va embrasser la foi chrétienne en y injectant, avec intelligence, certains instruments du Fanum de Nzambi’a M’pungu (Dieu tout puissant), comme les « Ngongi », les « Sansi »…, mais qualifiés paradoxalement d’objets fétichistes par l’église catholique de l’époque. Lesquels vont désormais intégrer l’introït, après l’invention majeure qui consistera en la création des Scholas Populaires. C’est de cette rencontre entre la culture Kongo et un judéo-christianisme compagnon du colonialisme, que naîtra l’inculturation, vers la fin des années cinquante : « Il était de notre devoir que de porter à Dieu les richesses de notre culture pour en extraire des trésors incomparables… Dieu ne nous appelle pas en dehors de notre culture, de notre contexte historique… Il veut que nous nous présentions devant lui tels que nous sommes, et qu’en revanche, nous nous accrochions à lui pour faire de nous des créatures nouvelles… »

Le Griot de Dieu est une leçon de vie. Il est la manifestation de l’intelligence divine dans toute son humilité. «  à travers le chant sacré, Batantu a forgé un lien entre Dieu et le Congolais … Il a utilisé le chant pour mettre en valeur le mariage Foi-Tradition ».

Qui est l’auteur de cette biographie ?

L’auteur, Ange-Marie Bayaloula est poète, dramaturge et metteur en scène.
Ange-Marie Bayaloula Moukouba se lance très tôt dans l’écriture en composant, dès l’âge de treize ans, des textes en vers et en prose soutenus et équilibrés, témoignant d’un réel talent littéraire.
Romans, nouvelles, pièces poétiques et théâtrales soutiennent son élan de « Chevalier de la plume » primé plus d’une fois à quelques concours littéraires locaux. La profondeur et l’intensité des textes suscitent, à la fois, étonnement et admiration.
Diplômé de l’ACNAV (Paris V, France) en Communication Audiovisuelle, sa passion se focalise désormais sur l’adaptation à l’écran de ses chefs-d’œuvre sur le quotidien de la vie congolaise et les biographies des héros légendaires de son pays.
L’auteur est poète, dramaturge et metteur en scène. Ange-Marie Bayaloula Moukouba se lance très tôt dans l’écriture en composant, dès l’âge de treize ans, des textes en vers et en prose soutenus et équilibrés, témoignant d’un réel talent littéraire. Romans, nouvelles, pièces poétiques et théâtrales soutiennent son élan de « Chevalier de la plume » primé plus d’une fois à quelques concours littéraires locaux. La profondeur et l’intensité des textes suscitent, à la fois, étonnement et admiration. Diplômé de l’ACNAV (Paris V, France) en Communication Audiovisuelle, sa passion se focalise désormais sur l’adaptation à l’écran de ses chefs-d’œuvre sur le quotidien de la vie congolaise et les biographies des héros légendaires de son pays.
Pour commander l’ouvrage, télécharger  le fichier PDF ci-joint PubGriot ou imprimer le fichier jpeg qui suit
L’ouvrage comprend des illustrations photographiques qui montrent en image ce qu’a été la vie de Mgr Batantu.



Lettre du Pool n°2-3 : Crimes de masse et Décivilisation dans le Pool. Pourquoi l’indifférence?

Par Café Littéraire • 14 oct 2016 • Catégorie: Actualités, Contributeurs et auteurs

Lettre du Pool n° 2-3, octobre 2016

Crimes de Masse et Décivilisation dans le Pool. Pourquoi l’indifférence?

Auteur : Guy Aurélien Mankessy (sous la dir. de)
Format : 297mm*420 mm / Folio : 12 pages / Poids : 50gr / Format A3
Parution : 10/10/2016 / impression quadri
ISBN : 2-84220-096-1 /
ISSN : 2490-9955  /  Prix : 6 €
Pour commander le Journal : Télécharger le fichier suivant :

Crimes de masse et décivilisation dans le Pool. Pourquoi l’indifférence ?

Par Emo Ntsiabaro

Une réalité qui questionne

Lorsque les outils juridiques internationaux deviennent inopérants pour qu’une population donnée puisse jouir de sa dignité humaine, et que sa survie en tant que membre de la famille humaine est menacée, pire, vouée à une extermination programmée sur le sol de ses ancêtres, cet ethnocide ne peut être que celui d’une multiplicité d’acteurs qui opèrent sur les cinq continents.


On est alors en droit de s’interroger si la situation vécue dans département du Pool n’est pas au cœur d’une conspiration sans frontière.

Depuis la purge de sang  de mars 1977 avec le fratricide de Marien Ngouabi, et  l’éviction en février 1979 de Yhombi Opangault, son emprisonnement et la prise effective du pouvoir par Denis Sassou Nguesso, les ressortissants du Pool ont payé et payent encore un lourd tribut en vies humaines abrégées. Pour avoir été toléré dans le monde entier, le pouvoir de Brazzaville, depuis sa fin de règne annoncée par sa disqualification sans équivoque par le peuple souverain à l’occasion du scrutin présidentiel anticipé du 20 mars 2016, a systématisé les massacres  à grande échelle, sous le huis clos de la communauté internationale. Telle est la triste réalité que traduit le pogrom dans la région du Pool, commencé en décembre 1998 et qui s’est de nouveau amplifié depuis le 04 avril 2016, comme un volcan jadis endormi qui a repris son activité éruptive.


Un drame annoncé par les assassinats politiques des années 1977 à 1979.

Mars 1977, deux présidents de la République, Marien Ngouabi, Alphonse Massamba-Débat et un Cardinal, sont assassinés dans l’intervalle d’une semaine. Sans compter les témoins anonymes, des militaires en fonction ou certains officiers tels Kimbouala Nkaya abattu à domicile. Il fallait désigner des boucs émissaires expiatoires et fabriquer une idéologie ethno culpabilisatrice d’une certaine population comme béquille du régime naissant de Sassou Nguesso. Et la trouvaille sera simplement machiavélique :

« Bakongo ba bomi Marien », ce sont les Bakongo qui ont tué Marien Ngouabi . Il fallait donc leur faire payer ce forfait.. La cour révolutionnaire d’exception de février 1978, sacrifiera dix innocents tous ressortissants du Pool : Dianzenza Pierre, Kanza Daniel, Kianguila Daniel, Kinkoumba Etienne, Konda Albert, Kouba Grégoire, Mizelet Germain, Ndoudi-Nganga, Samba Dia Nkoumbi, Sissoulou Simon, seront tous fusillés au petit matin sans recours. Qui pis est, leurs dépouilles jamais remises à leurs familles, tout comme celle de l’ancien chef de l’état, Massamba-Débat, demeurent à ce jour sans sépultures. Comme on peut le comprendre, ces familles interdites de faire un quelconque rassemblement sous forme de deuil, demeurent terrorisées, traumatisées à vie.


Ainsi s’est formalisée la barbarie ethnique dans la gestion de l’état, qui continue jusqu’à ce jour. Ce qui corrobore  la critique de ce système politique, formalisée en son temps par Ange Diawara, sous le concept de l’OBUMITRI (Oligarchie Bureaucratique Militaro Tribale)

…..

L’ethnocide dans le Pool nourri par les prises de positions françaises ?

Comment expliquer la coïncidence entre les déclarations des autorités françaises en faveur de Sassou Nguesso et l’accentuation de l’ethnocide dans le Pool ? Le 30 juin 1998, le président français s’exprime à Luanda en ces termes : « Je me suis réjoui de l’intervention de l’Angola au Congo-Brazzaville, pour la raison simple que ce pays était en train de s’effondrer dans la guerre civile, de s’auto-détruire, et qu’il était souhaitable que l’ordre revienne. Il y avait quelqu’un qui était capable de le faire revenir, c’était Denis Sassou-Nguesso. Il lui fallait un soutien extérieur pour un certain nombre de raisons, l’Angola le lui a apporté» (François-Xavier Verschave, Noir Silence, Qui arrêtera la Françafrique, Paris, les Arènes, 2000, p. 16). Ce discours de Luanda, faisait suite au Droit de Veto de la France qui avait rejeté une résolution visant l’envoi d’une force onusienne de maintien de la paix, et d’interposition entre les deux belligérants Pascal Lissouba et Sassou Nguesso en 1997.

En décembre 1998, six mois après ce discours de Luanda, encouragé par ce satisfecit, commença la razzia,  à grande échelle, contre les populations civiles des quartiers sud de Brazzaville, du Pool, et des pays du Niari.

17 ans après, François Hollande autorise le référendum sur le changement de la constitution de 2002. Celle-ci, bien que taillée aux mensurations de Sassou Nguesso, limitait à deux le nombre de mandats du Président de la république, rendant ainsi possible une alternance démocratique en juillet-août 2016. L’opposition congolaise avait fait de cette alternance son cheval de bataille, et avait salué la position de fermeté prise par le président français François Hollande dans son discours de Dakar en 2014 ….

Les démocrates africains ont désormais compris que : « Les Congolais ne trouveront jamais dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit, et la démocratie dans leur pays », pour prendre l’antithèse du discours dakarois du président français. Du 21 octobre 2015 au 04 avril 2016, il s’est écoulé six mois environ, comme en 1998, pour que le même ethnocide reprenne avec les mêmes acteurs, les mêmes prétextes, le même mode opératoire, tel un volcan qui sommeillait dans les entrailles de la Françafrique…. À suivre dans le journal.


édito : Quand le

machiavélisme emprunte les habits du « vivre ensemble »

Comme nous l’enseigne la fable de La Fontaine « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute »(le corbeau et le renard),  c’est bien ce que traduit la bonne farce et pire la duperie que cache mal la récente et surprenante découverte par les chantres du pouvoir absolu, des vertus désormais adjurées du « vivre ensemble ». D’où vient donc cette soudaine fascination pour ce concept aujourd’hui à la « Une » du discours  politique à Brazzaville ? En tout cas,  point n’est besoin d’être clerc pour constater que bien plus qu’un cheval de Troie, il s’agit assurément d’une autre forme de subterfuge planifiée, pour maquiller la réalité sociale congolaise telle qu’elle se donne à voir dans nos rues, nos quartiers, nos villes et nos campagnes.

La nation congolaise héritée de ses illustres pères fondateurs Opangault, Youlou, Tchicaya, n’existe plus que de par la carte du monde. La république espérée en 1960  a perdu son âme. Le rêve d’unité proclamé par la « congolaise » notre hymne nationale s’est progressivement estompé.


Et pour cause, les effets conjugués du tribalisme, des discriminations produites par  l’injustice sociale et le despotisme, de la corruption, de dépravation des mœurs, de la négation de la morale et de l’éthique et notamment des violations des droits et de l’extermination planifiée d’une partie de sa population. Autant de maux entretenus par ceux là même qui aujourd’hui veulent porter les habits du « vivre ensemble » comme pour se donner bonne conscience.


Le sentiment d’appartenance à une communauté homogène et solidaire, n’est plus qu’un lointain souvenir pour les citoyennes et citoyens congolais du nord au sud et de l’est à l’ouest.

En sourdine, plusieurs questions interpellent le bon sens : Peut -on imaginer que les parents congolais démunis qui ne peuvent nourrir leur maisonnée ou pis qui peinent à financer la scolarité de leurs enfants vont allègrement tendre la main à ceux de ces prédateurs des deniers publics et nouveaux riches ?… A suivre dans le journal


Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Française

Me Bernard Amédée N’GANGA

Ancien avocat au Barreau de Paris

Avocat au Barreau de Brazzaville


Monsieur le Président,

J’aurais aimé, ne point avoir à vous écrire, si votre silence flagellé ne me tînt pour peine infligée. Il s’agit du Congo-Brazzaville, Monsieur le Président. Il vous souviendra qu’à la suite de la conférence de la Baule, les peuples déconsidérés, prirent congé du monstre froid : Monsieur Denis Sassou-Nguesso.

Cinq ans plus tard, au prétexte mensonger d’un trouble de réveil matinal, l’occasion fût belle et trouvée d’une guerre. La France imposera proprio motu Monsieur Denis Sassou-Nguesso rejeton nazi, auteur d’un pogrom en 1998. En témoigne, l’affaire des disparus du Beach.

Pourquoi tant de haine et de mépris pour la race noire ?


Est-ce le code noir qui rend l’or noir plus important que la race noire ? Les valeurs d’humanisme et de justice seraient-elles informes à la protection des intérêts de la France, pour leurs préférer un nazi ? De propos délibéré, le vice aurait-il inhibé jusqu’à l’ignorance de l’excès entre 27 ans au pouvoir de Monsieur Blaise Compaoré au Burkina Faso et 32 ans de Monsieur Denis Sassou-Nguesso au Congo-Brazzaville ?… A suivre dans le journal




Vers une nouvelle légitimité politique au Congo-Brazzaville

Par Café Littéraire • 5 juin 2016 • Catégorie: Actualités, Livres

Vers une nouvelle légitimité politique au Congo-Brazzaville

Mawawa Mâwa-Kiese

Le 04 juin 2016 à Paris,

Place du Congo Libre (Place du Châtelet)

0-Introduction

0.1-Place du Châtelet = Place du Congo Libre

La France et le Congo sont des nations toutes deux héritières de la même histoire. Celle du général De Gaulle, exilé à Londres, mais peu apprécié par les Alliés car « … la B.B.C., poste étranger, ne pouvait accorder, qu’une hospitalité conditionnelle à l’opinion d’un mouvement indépendant comme celui de la France combattante. »

Bien que le drapeau nazi trônait sur les édifices publics parisiens, l’âme parisienne de la France Libre, trahie par le Maréchal Pétain devint orpheline. Il fallut que le Général De Gaulle puisse la sauvegarder en un lieu sûr.

Félix Eboué, le gouverneur de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) qui siégeait à Brazzaville, en concertation avec les chefs coutumiers Kongo et Téké, acceptèrent la demande du Général De Gaulle, de faire de Brazzaville la capitale de la France Libre. De surcroît, l’âme de Paris, en errance depuis le 18 juin 1940 à Londres trouva refuge sur la rive droite du fleuve Congo – plus dense et plus puissant que la Seine-, le 27 octobre 1940 sur les terres du roi Makoko.

Et De Gaulle de déclarer depuis cette terre hospitalière du Congo « … La France traverse la plus terrible crise de son histoire. Ses frontières, son empire, son indépendance et jusqu’à son âme sont menacés de destruction… Il faut donc qu’un pouvoir nouveau assume l’effort français dans la guerre… Je constitue à la date d’aujourd’hui un Conseil de Défense de l’empire… Le siège du Conseil de Défense est placé où il convient pour exercer la direction de la guerre dans les meilleures conditions… La présente ordonnance sera promulguée au Journal Officiel de l’Empire et provisoirement au Journal Officiel de l’Afrique Equatoriale Française. Fait à Brazzaville, le 27 octobre 1940. C. De Gaulle. »[1]

L’histoire postindépendance, et plus particulièrement celle de ce dernier quart de siècle montre que la France continue de confiner le Congo dans un rapport colonialiste déterministe et figé alors que la démocratie incarne l’idéal d’une société libre, et est la seule issue pour mettre en pratique la « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ». Comment la France Officielle peut-elle exclure les Congolais de la grande Famille Humaine en leur refusant toute dignité conférée en son article 1 de cette déclaration qui stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

L’ONU qui avait accepté le veto français sur la résolution n° 867 du 29 octobre 1997 du Conseil de Sécurité, est responsable de la crise sociopolitique multidimensionnelle qui prévaut actuellement au Congo-Brazzaville. Mais aussi depuis la magistrature de Jacques Chirac, jusqu’à celle de François Hollande, le Congo a été placé au ban des Nations Unies. Cette marginalisation de notre pays depuis ces 20 dernières années, nous a fait comprendre, dans nos divers contacts tant en Europe qu’aux Amériques, qu’aucune autre nation du monde n’avait le droit d’aider à ce que la situation socio-politique du Congo-Brazzaville ne puisse s’améliorer. Et dans la même logique, la France, de connivence avec le pouvoir de Brazzaville empêchait toutes les organisations humanitaires et de bienfaisance d’aider les Congolais à œuvrer pour l’amélioration des conditions socioéconomiques dans leurs pays. Le plus grave c’est que depuis le 4 avril 2016, le dictateur, tel un volcan endormi depuis sa dernière irruption de 1998 à 2002, est en train d’exterminer à nouveau les populations civiles du département du Pool sans qu’aucune puissance mondiale ne puisse porter assistance aux Congolais. Dans les grandes villes du pays, les opposants sont embastillés emprisonnés, enlevés et tués sans autre forme de procès. Des jeunes des quartiers sud de Brazzaville (Bacongo, Makélékélé, M’filou) sont régulièrement enlevés et portés disparus. Pas plus tard que cette semaine, l’opposant politique Patrice Lagany alias Papito a été de nouveau enlevé à son domicile de Talangaï et enfermé à la DST.

Serait-ce faux pour nous Congolais de paraphraser le Général de Gaulle en disant comme lui : « Le Congo traverse la plus terrible crise de son histoire. Ses frontières, son empire, son indépendance et jusqu’à son âme sont menacés de destruction… Il faut donc qu’un pouvoir nouveau assume la légitimité ainsi que l’effort des Congolais dans la restauration de la démocratie… »

Nous savons qu’il existe une divergence de taille entre l’élite politique française et les populations françaises qui luttent elles aussi pour leur survie quotidienne. Nous travaillons avec les Français dans les entreprises, et voyons comment ils souffrent eux aussi pour joindre les deux bouts de mois. A ces Français nous disons que si nous Congolais sommes contraints de vivre en France, de grignoter votre pain et d’occuper les postes de travail qui devaient revenir à vos enfants qui sont au chômage, c’est parce que vos élites politiques entretiennent des dictatures féroces dans nos pays. Et c’est cette entente machiavélique qui fait que pour un pays comme le Congo-Brazzaville, la génération de ses cadres les mieux formés, qui auraient pu relever les défis du développement, sont obligés d’être sous-employés en France. Ce qui est vrai pour le Congo l’est tout aussi pour les autres pays d’Afrique Francophone.

Désormais, pour la lutte des Congolais nous décidons à partir de ce jour 04 juin 2016 que la place du Châtelet devienne la Place du Congo Libre. Nous formulerons cette demande à la Préfecture ainsi qu’à la Mairie de Paris, afin que désormais cette place nous soit dédiée pour toutes nos manifestations pacifiques.

0.2-Le Congo-Brazzaville aujourd’hui

Le dialogue est une vertu qui permet aux parties en conflit mineur de dépasser les différends et de construite le « vivre ensemble » par consensus. Les pourparlers sont souhaités et utiles lorsqu’ils reposent sur des textes de loi approuvés par l’ensemble d’une communauté.

La crise congolaise actuelle, est celle d’un système et ne peut pas se résoudre par des négociations qui ne feraient que conforter le dictateur dans sa fuite en avant. Il s’agit aujourd’hui au Congo-Brazzaville d’une crise de légitimité. Le pouvoir qui veut se maintenir par la force des armes est coupable de forfaiture, de parjure et de haute trahison. Tout Congolais conscient sait que Sassou Nguesso est dans les coulisses de la politique congolaise depuis  1965, donc depuis plus de cinquante années maintenant. Ce serait un leurre de penser qu’il peut incarner aujourd’hui l’avenir de ce pays. Ce serait condamner les générations futures à l’esclavage et à une servitude clanique, que de dialoguer avec lui. C’est pourquoi nous donnons quelques éléments de sortie de crise.

- Le départ sans conditions de Denis Sassou Nguesso du pouvoir ;

- Du président Fulbert Youlou au président Pascal Lissouba, des fins de règne humiliants, tragiques et honorables au Congo ;

- Vers une nouvelle légitimité politique au Congo.

1- Le départ sans conditions de Denis Sassou Nguesso du pouvoir

Bien que cette crise soit multidimensionnelle, nous la résumerons par ses récentes implications qui font du Congo un pays de non droit.

-Le texte constitutionnel qui a été imposé au peuple le 25 octobre 2015, en ces articles 10 et 96, consacre l’impunité planétaire du président de la République. Aucune juridiction congolaise ni étrangère ne saurait le poursuivre s’il est responsable de crimes, de détournements de deniers publics pendant qu’il est au pouvoir et même après celui-ci.

-Pour démontrer le rejet de la dictature de Denis Sassou-Nguesso par le peuple, l’opposition congolaise a fait état d’une ruse politique pour se présenter au scrutin du 20 mars 2016 – bien que le nouveau texte constitutionnel n’a jamais été approuvé par les Congolais. Cette participation intelligente a prouvé une fois de plus, comme aux élections de 1992, que Sassou Nguesso, avec moins de 8% de suffrages obtenus ne pouvait pas être présent au second tour. Malgré cette sanction par les urnes, donc par l’exercice légal de la démocratie, il s’est autoproclamé élu avec plus de 60% de suffrages. Hold-up électoral !… Pour conforter sa posture de hold-up électoral, l’opposition intérieure a été embastillée et une épuration ethnique à huis clos poursuit son cours depuis le 04 avril 2016. Il a ainsi conforté son illégitimité par les armes et continue d’agir par une grave atteinte aux droits de l’homme.

-Les récentes révélations sur les « Panama papers » : montrent comment la gestion clanique des finances publiques et des recettes d’état s’effectue de manière mafieuse par Sassou Nguesso[2] et ses proches parents pour paupériser les Congolais.

-Notre appel[3] pour une résolution de l’ONU, du 07 avril 2016, signée par plus de 1250 personnes, prouve comme en 1998, les crimes contre l’humanité dont est devenu champion, Monsieur Denis Sassou-Nguesso. Il est encouragé dans ce sens par le droit de veto de la France, qui empêche depuis 1997, que d’autres puissances mondiales, ainsi que les organisations humanitaires, de s’intéresser à la situation d’esclavage et de génocide qui prévaut au Congo et plus particulièrement dans le département du Pool.

Sur ce,

-Le pouvoir illégal et illégitime de Monsieur Denis Sassou Nguesso avec son premier ministre Clément Mouamba, est désavoué au niveau international car la fraude électorale qui a été mise en œuvre au su et au vu de tous est innacceptable par tous les vrais démocrates du monde entier.

-La baisse du prix du baril de pétrole a fortement réduit les recettes de l’état et le pays est en faillite car toutes les recettes antérieures ont été frauduleusement transférées dans les paradis fiscaux par le clan au pouvoir.

-Le FMI et la Banque Mondiale, qui en 2010 avaient accordé à ce régime une faveur complaisante de remise de dette, en lui conférant l’étiquette de PPTE (Pays Pauvre Très Endetté), souhaite de nouveau continuer à endetter notre pays en imposant aux acteurs politiques un dialogue avec Sassou Nguesso.

-Le peuple congolais dans son ensemble a rejeté le pouvoir de Denis Sassou Nguesso et de son clan. Il est encore temps d’arrêter les choses au bon moment pour avoir une sortie de crise quasi-pacifique qui requiert le transfert de légitimité à l’opposition qui a prouvé sa victoire par les urnes. Celle-ci organisera une période de transition, à l’issue de laquelle le pays renouera avec le FMI et la Banque mondiale, pour que les éventuels prêts ne puissent plus continuer de grossir les comptes bancaires off shore du clan des Nguesso, ainsi que les « Panama Papers ».

2-Du président Fulbert Youlou au président Pascal Lissouba, des fins de règne humiliants, tragiques et honorables

-Le premier président de la République, l’abbé Fulbert Youlou a connu un règne de courte durée (1960-1963), mais très dense en avancées socio-économiques. Pour mettre un terme aux clivages ethniques qui avaient endeuillées le pays en 1959, il décida de créer un parti unique. Les syndicalistes s’y opposent, et sont instrumentalisés par le pouvoir politique français qui ne souhaite pas voir réussir cet abbé dans ses multiples projets de partenariat avec les Etats-Unis, l’Allemagne et d’autres partenaires. Il est contraint de démissionner le 15 août 1963. Sassou Nguesso fait partie de la garde républicaine présente au palais du peuple, sous la houlette du Colonel Mountsaka qui va récupérer cette démission.

-Le second président, Alphonse Massamba-Débat (1963-1968), est lui aussi contraint à la démission, le 03 septembre 1968. D’après Théophile Obenga[4], ce coup d’état qui va aboutir à l’éviction du président Alphonse Massamba-Débat commence en 1965 avec la participation de Denis Sassou Nguesso. Pour Obenga : « le gros du travail se faisait au niveau de l’armée où le capitaine Marien Ngouabi et ses amis pouvaient jouer à fond la carte de la clandestinité : réunion chez le sous-lieutenant Eyabo, chez le lieutenant Sassou Nguesso, chez le capitaine Ngouabi, réunions à ouénzé, à Poto-Poto, à Moungali, à Bacongo… ». Ainsi Marien Ngouabi arrive au pouvoir le 31 décembre 1968, après un intérim de près de 4 mois assuré par le capitaine Alfred Raoul.

-Le 3ème président, qui est souvent ignoré dans l’histoire du Congo, c’est le capitaine Alfred Raoul qui n’a fait qu’assurer un intérim qu’il a quitté le temps que les organisateurs du coup d’état finalisent leur projet. Son intérim n’a duré que quatre mois, du 5/09/1968 au 31/12/1968.

-Le 4ème président Marien Ngouabi (1968-1977) connaîtra une sortie tragique. Il faut noter qu’à partir du 1er janvier 1969, Sassou Nguesso entre définitivement dans la gestion effective du pouvoir d’état, et il n’a jamais quitté cette position jusqu’à ce jour. Fort de cette expérience de 47 ans d’exercice effectif du pouvoir politique, il a acquis une capacité de nuisance qui déroute aujourd’hui tous les diplomates du monde entier. Il a joué auprès de Marien Ngouabi, le même rôle de traître que Blaise Compaoré a joué auprès de Thomas Sankara au Burkina Faso. Marien Ngouabi est assassiné le 18 mars 1977 par l’intermédiaire d’un complot fratricide piloté par le ministre de la Défense de l’époque qui n’est autre que Sassou Nguesso Denis.

-Le 5ème président de la république sera Yhomby Joachim Opangault (1977-1979). Pour de simples raisons tactiques, Yhomby le plus haut gradé qui occupe la présidence du Comité Militaire du Parti, est promu chef de l’Etat. Mais le 05 février 1979, l’acteur principal de l’assassinat de Marien Ngouabi organise un coup d’état de palais et va évincer Yhomby Opangault du pouvoir avec assignation à résidence.

-Le 6ème président de la République sera Denis Sassou Nguesso (1979-1992). Il aura exercé un premier règne de treize années qui se conclura par les premières et seules élections libres et transparentes du pays en 1992, organisées après la Conférence nationale Souveraine de 1991. Bien que battu aux élections et condamné de crimes et détournements de fonds publics par la Conférence Nationale Souveraine, il sera le premier président du Congo à quitter le fauteuil avec tous les honneurs liés à la magistrature suprême. C’est la seule fois qu’il y a eu une alternance apaisée au Congo.

-Le 7ème président de la République, le seul élu au suffrage universel direct sera Pascal Lissouba (1992-1997). Il est évincé par son prédécesseur en octobre 1997 par une guerre civile qui avait commencé le 05 juin 1997. L’après coup d’état va connaître l’embastillement diplomatique du Congo par l’ONU, via le veto de la France. Au cours de cette guerre de 1997, la société civile congolaise avait demandé au Conseil de Sécurité de l’ONU de prendre une résolution afin qu’une force d’interposition et de maintien de la paix soit déployée au Congo. La résolution fut prise, mais la France y apposa son véto et en lieu et place d’une force onusienne, elle fit entrer l’armée angolaise qui aux côtés des rebelles Cobra dirigés par Sassou Nguesso chassèrent le président Lissouba du Palais en octobre 1997.

-Le 8ème président qui n’est autre que Denis Sassou Nguesso occupe ce poste depuis 1997, soit dix neuf années continues, sans interruption. Quand on y ajoute son premier mandat, cela fait exactement 32 années d’exercice effectif du pouvoir d’état. Mais si nous analysons sa présence dans les hautes sphères d’état, il y a plus d’un demi-siècle que Denis Sassou Nguesso demeure un acteur majeur sur la scène politique congolaise, et il est le problème principal de ce pays.

3-Vers une nouvelle légitimité politique au Congo

Un adage populaire stipule qu’on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. Sassou Nguesso ne peut plus être une quelconque solution et/ou une référence pour la sortie de crise au Congo-Brazzaville. Le peuple congolais a actuellement épuisé tous les moyens pacifiques possibles pour dire non au dictateur. Le plus élégant d’entre eux a été son vote démocratique du 20 mars en faveur de l’opposition.

Dans la seconde partie, nous avons donné toutes les formes d’intelligence que les Congolais ont déjà mises en œuvre par le passé pour faire partir les chefs d’États. Une d’entre elle pourra être appliquée pour contraindre ce dictateur à quitter le pouvoir.

Ce que le peuple congolais peut néanmoins attendre de la communauté internationale, s’il en existe encore une, et surtout de la France qui occupe en ce mois de juin 2016 la présidence du Conseil de Sécurité de l’ONU, c’est un arbitrage qui permettra à Sassou-Nguesso de quitter le pouvoir sans conditions.

Ainsi le peuple congolais pourra récupérer sa légitimité politique pour la remettre entre les mains de l’opposition qui est actuellement embastillée. Laquelle, à l’issue d’un bref dialogue mettra en place, avec la participation de la communauté internationale, les structures qui vont gérer la transition politique de cinq années.

C’est pendant la transition que s’effectuera le véritable travail de refondation de la République du Congo, en dotant le pays d’une nouvelle constitution à laquelle vont participer toutes les couches de la société.

Fait à Paris, Place du Congo Libre (Place du Châtelet), le 04 juin 2016

Mawawa Mâwa-Kiese, Ancien  parlementaire.

Membre de l’Alliance Congolaise pour la Renaissance Africaine (ACRA)

Mail : alliance.acra@gmail.com


[1]-Général Charles De Gaulle, « Manifeste du 27 octobre 1940 relatif à la direction de l’effort français dans la guerre. Ordonnance n° 1 », in Journal Officiel de la République Française, Le Journal Officiel de la France Libre, Paris, réédition des éditions des journaux officiels, ° 5952, avril 2003, p. 9.

[2]- http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/07/panama-papers-comment-le-petrole-congolais-s-evapore-dans-les-paradis-fiscaux_4898082_3212.html#LM22pzQLjqI5LZzh.99.

[3]- https://www.change.org/p/barack-obama-appel-pour-une-d%C3%A9cision-de-l-onu-sur-les-crimes-contre-l-humanit%C3%A9-au-congo-brazzaville.

[4]- Théophile Obenga, La vie de Marien Ngouabi 1938-1977, Paris, Présence Africaine, 1977, p. 45-46.

Fichier PDF à télécharger, cliquer sur le lien suivant : Discours04juin2016



Appel sur les crimes contre l’Humanité au Congo-Brazzaville : Le Martyr du Pool

Par Café Littéraire • 9 avr 2016 • Catégorie: Actualités, Livres

Appel sur les crimes contre l’Humanité au Congo-Brazzaville : Le Martyr du Pool

Le lundi 04 avril 2016, au Congo-Brazzaville, a commencé une opération militaire, qualifiable de Terrorisme d’État, qui vise l’extermination des populations civiles de la région du Pool. Il ne s’agit pas d’une guerre classique. Car la guerre suppose deux belligérants. Dans ce cas de figure, il s’agit de l’armée nationale du Congo, qui déferle sur ses propres populations civiles localisées dans un département pour les exterminer. Cette opération, qui rappelle un précédent, celui de 1998 à 2002 a suscité l’indignation d’un certain nombre de Congolais.

Pour se donner bonne conscience, en guise de forces armées assaillantes, le pouvoir de Brazzaville a fabriqué ses propres milices, affublées des noms Ninja ou Nsilulu, pour faire diversion.

C’est pourquoi, l’Alliance Congolaise pour la Renaissance Africaine (ACRA) a pris l’initiative d’un Appel afin d’informer le monde entier sur le génocide en cours dans la Région du Pool au Congo-Brazzaville.

Il s’est dégagé un Comité de Suivi sur ces massacres à huis clos, joignable au mail suivant : alliance.acra@gmail.com

Membres du Comité de suivi de l’Appel

M. Mawawa Mâwa-Kiese

M. Samba Dia Nkoumbi Jean-Richard Amédée

Mme Yeka Nkounkou

M. Banzouzi Roch

M. Goma Jean P.

Pour signer l’appel, aller sur le site www.change.org ou aller sur le lien suivant :

https://www.change.org/p/barack-obama-appel-pour-une-d%C3%A9cision-de-l-onu-sur-les-crimes-contre-l-humanit%C3%A9-au-congo-brazzaville?recruiter=525321845&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

Paris le 09/04/2016

Pour le Comité de suivi de l’Appel.

Mawawa Mâwa-Kiese

Pour télécharger le fichier PDF de l’Appel, cliquer sur le lien qui suit : Texte FinalEnd1

Appel sur les crimes contre l’Humanité au Congo-Brazzaville.

Demande d’une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l’ONU sur le Congo-Brazzaville

Nous, citoyennes et citoyens du Congo-Brazzaville,

Préoccupés par la guerre à huis clos, contre les populations civiles, urbaines et rurales démunies, que le pouvoir de Brazzaville impose à une certaine catégorie de concitoyens, et, profondément indignés par le silence compromettant des démocrates du monde et particulièrement de l’ONU, de l’UE et de la France,

Nous remémorant les mots justes exprimés avec prémonition il y a 17 ans, par le professeur Jean-Pierre Makouta Mboukou, dans sa lettre ouverte adressée le 16 avril 1999 au président Jacques Chirac à savoir :

«… Ce que nous demandons, à la France et à vous-même, c’est de lever le « veto » permanent imposé par la France à tous les niveaux, européen et international, sur tous les dossiers concernant le Congo-Brazzaville, pour soutenir le régime autoproclamé, en oubliant que cette politique condamne les populations civiles au génocide programmé. Ce que nous demandons aussi à la France et à vous-même, c’est de permettre l’application de la résolution n° 867 du 29 octobre 1997 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le retrait sans condition de toutes les troupes étrangères, mercenaires compris, du territoire congolais… ».

Constatant que cet appel prémonitoire ignoré en son temps retrouve aujourd’hui toute sa pertinence et rappelle aux yeux du monde entier la responsabilité de la France, puissance tutélaire de ses anciennes colonies, dans les drames vécus depuis plusieurs décennies par les populations congolaises.

Et, considérant que le Général Sassou Nguesso et les forces de sécurité congolaises, par leurs actes, sont coupables de crimes contre l’humanité en toute impunité au vu et au su de la communauté internationale ;

Nous nous levons ce jour, et nous nous insurgeons contre les actes délibérés de violation des droits humains et les crimes en cours en république du Congo, particulièrement dans les quartiers sud de Brazzaville et dans la région du Pool, en répression à la volonté de changement des populations exprimée dans les urnes à l’occasion de l’élection présidentielle du 20 mars 2016.

Ainsi entendu, nous déclarons ce qui suit :

  1. 1. Il est temps, plus que temps pour que la France assume à présent ses responsabilités et réponde à l’appel du Peuple congolais martyrisé.

Par le passé, la France a fait usage du droit de véto contre une résolution des Nations Unies sur le Congo, et le président Jacques Chirac ne manqua pas de se réjouir « … de l’intervention de l’Angola au Congo-Brazzaville », entérinant de 1998 à 2002, les crimes contre l’humanité des populations civiles, au profit des intérêts d’État inavoués et ceux des firmes multinationales, impliquant la société pétrolière Elf, devenue par la suite Total-Elf.

Ce martyr injustifiable témoigné à l’époque par François-Xavier Verschave, qui révélait que :

« … C’est à bord de véhicules récemment livrés par la France que les troupes et milices du camp présidentiel ont déferlé sur Bacongo et Makélékélé. Elles se sont déchaînées sur cette zone urbaine, aussi peuplée que Bordeaux. Elles l’ont partiellement évacuée, « fait le tri » à la sortie puis ravagé tout ce qui restait – habitations et êtres humains. Avec un double objectif : un pillage exhaustif, et l’élimination de tous les Ninjas virtuels ou potentiels, les hommes et les adolescents. Maison par maison. Plus les viols, mutilations et massacres que stimule ce genre d’expédition homicide : « J’ai vu des gens qui s’enfuyaient avec un matelas mousse auquel les militaires ont mis le feu pour les transformer en torches vivantes »… Parmi les habitants du quartier M’pissa, beaucoup sont poussés dans le fleuve Congo qui emporte leurs corps. » (dans Noir Silence. Qui arrêtera la Françafrique ? les arènes, Paris 2000, p. 18).

  1. 2. Pour n’avoir pas défendu la démocratie, la position de la France a implicitement rendu possible l’aggravation des violations des droits et le sacrifice d’innocentes vies humaines.

Ces dernières années, notamment tout au long de l’année 2015, les Congolais ont interpellé la présidence française sur les risques prévisibles qu’induisait le projet de changement de constitution concocté par le Général Sassou Nguesso dans le seul but d’échapper à sa fin de règne prévue en août 2016, date limite de son deuxième et ultime mandat.

Cette interpellation se trouvait confortée par le nouveau cap que se donnait l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui venait raviver l’espérance des damnés de la terre congolaise, à l’occasion de ses XIVème et XVème sommets de la Francophonie, le 13 octobre 2012 à Kinshasa, et le 29 novembre 2014 Dakar, quand on pouvait entendre dire par le président français que :

« … La 3ème priorité que nous devons porter ensemble, les francophones, c’est de contribuer au règlement des crises, chaque fois que nous sommes concernés… Et puis, la dernière priorité, c’est la démocratie. La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l’Homme, le pluralisme, le respect de la liberté d’expression, l’affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants… » (Kinshasa).

Et, mieux encore :

« … La Francophonie, elle est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres… Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie… Mais aussi ce qu’a fait le peuple burkinabé doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce sont les peuples qui décident… » (Dakar).

Comment donc ne pas s’interroger sur la possible et inacceptable compromission de la France lorsque par la voix de son président François Hollande, elle a refusé d’entendre l’appel du peuple congolais en soutenant la violation de la constitution congolaise par celui qui apparaît désormais comme son protégé, en déclarant le 21 octobre 2015 que : « … Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre … » ?

Comment ne pas s’indigner quand on sait que les décisions de politique extérieure prises par la France, notamment en ce qui concerne ses anciennes colonies, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, emportent mécaniquement les décisions de l’ensemble des membres que sont la Chine, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie et le Royaume-Uni.

Ainsi autorisé à réaliser son projet de présidence à vie, son forfait consommé, le Général Sassou Nguesso a promulgué sa constitution lui garantissant toute impunité, et a anticipé manu militari, en toute opacité, un scrutin présidentiel le 20 mars 2016.

  1. 3. Le régime autocratique et dictatorial de Brazzaville refuse au peuple le droit de choisir ses représentants et plonge impunément le pays dans un chaos, déploie une répression policière et une violence sans précédents contre les populations civiles, notamment dans la région du Pool.

Pour marquer le rejet de ce régime autocratique, le souverain primaire a massivement voté le 20 mars 2016 pour les candidats de l’opposition, consacrant ainsi l’élimination au premier tour du Général Denis Sassou-Nguesso.

Pour s’approprier à tout prix cette victoire perdue dans les urnes, le Général Sassou-Nguesso a décidé de s’imposer en perpétrant des tueries aveugles qualifiables de crimes contre l’humanité. C’est le cas, depuis le 04 avril 2016, des attaques fomentées dans les quartiers sud de Brazzaville (Bacongo, Makélékélé, M’Filou) et pire, les bombardements à l’arme lourde des localités habitées du département du Pool. Ces représailles s’assimilent à une épuration ethnique d’une partie de la population en l’occurrence Bakongo.

Pour justifier cette nouvelle guerre contre ses propres populations civiles, en guise de forces armées assaillantes, le pouvoir de Brazzaville a fabriqué ses propres milices, affublées des noms Ninja ou Nsilulu, pour faire diversion. Comme l’indique un observateur averti, présent à Brazzaville,

« … C’est la guerre qu’impose un clan au pouvoir contre la majorité républicaine. Ces tueries qui sont en train de se produire dans le Pool sont le fait d’une minorité, des gens proches de Sassou Nguesso et de Sassou Nguesso lui-même parce qu’il laisse faire… »

Au regard de ce qui précède,

Nous Congolaises et Congolais, associés à tous les démocrates du monde,

- Déplorons la politique de deux poids deux mesures de la France, de l’OIF, de l’UE et de l’ONU, face au terrorisme d’État, pratiqué en toute impunité internationale, par le Général Denis Sassou Nguesso depuis plus de trente deux (32) années.

- Demandons par conséquent une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l’ONU, sur les massacres actuels des populations civiles de la région du Pool, de Brazzaville, de Pointe-Noire ainsi que des autres départements.

- Invitons les organisations humanitaires, affiliées au système des Nations Unies, notamment la Croix Rouge Internationale, d’intervenir dans l’urgence pour secourir les populations victimes et pour constater les responsabilités sur les crimes en cours.

- Accusons de criminels, les commanditaires de ces exactions, et réaffirmons notre engagement à demander la mise en œuvre de toutes les procédures nécessaires pour que leurs actes criminels ne restent pas impunis.

- Demandons à l’ONU et à l’UA, l’ouverture d’une enquête préliminaire, en vue de la mise en place d’un tribunal spécial sur la République du Congo, à l’exemple du Rwanda.

Contacts : alliance.acra@gmail.com

Fait à Paris, le 7 avril 2016

Les initiateurs

Mawawa Mâwa-Kiese Physicien, Enseignant-Chercheur, Ancien parlementaire et membre de l’Alliance Congolaise pour la Renaissance Africaine (ACRA).
Miayoukou Alexis-Richard Ancien Conseiller du premier ministre de la Transition et ancien parlementaire.
Ntoungamani Benjamin Enseignant-Chercheur, Président de la Plate-Forme Contre la Corruption et l’Impunité (PCCI).
Yanguissa Joseph Abbé et président du parti politique immatriculé au Congo, La Devise.

Les signataires

Balonda Justin Docteur en Droit
Dandila Justin Docteur en Droit et membre de l’ACRA
Manckessy Guy Économiste
Samba Dia Nkoumbi Jean-Richard Amédée Économiste, Directeur de Nsimou YTV Management

Kihoulou Antoine Page Président de Kimpuanza
Biango Mingwa Chef de projets « Télécom »
Ntchimou Mesmin Membre de la Devise Angleterre
Ndoba Magloire Professeur d’Université
Facho Balaam Faustin Professeur d’Université
Touanga Marcel Colonel à la retraite. Président du Collectif des parents des victimes et disparus du Beach.
Pantou Eric Avocat au Barreau de Paris
Bavibidila Kousseng Roger Avocat et Président du CERDDEV (Cercle de Réflexion pour la Démocratie et le Développement)
Loubelo Eugène-Fernand Docteur en Neurosciences, Physiologiste.
Moukala Ferdinand Justice Conseiller en Gestion de Patrimoine
Malekat Jean Luc Ancien Ministre des Finances
Loubaki Annie Cadre comptable financier
Gbaguidi Nicole Cadre juridique
Mene Berre José Louis
Gandou Philippe
Banzouzi Roch
Mpoudi Lambert
Nitou Samba
Tsouares Paul
Malanda Nelly
Mahoukou Nina
Edzoutsa Gloria
Ibrahim
Massamba Delphin
Loukakala Matsiona Basile
Kanoukounou Casimir
Kivouvou Donatien
Goma Jean P.
Bothi Pouati
Bizitou Ange
Loufoua Roger
Kitemo Prince
Ndalla Fernand
Nkunku Lemba



Sur le sentier d’un enfant de la Défense Civile

Par Café Littéraire • 22 mar 2016 • Catégorie: Actualités, Café littéraire, Évènements
Sur le sentier d’un enfant de la Défense Civile
Auteur : Jean-José MABOUNGOU
Format : 135*210 mm / Folio : 248 pages
Poids : 230 gr  / Parution : 16/03/2016
ISBN : 2-84220-095-4 / Prix : 25 €

Problématique

Sur le sentier d’un enfant de la Défense Civile est le récit de la vie militante de l’auteur dans les années soixante et soixante dix. Restituant avec force détails le climat de l’époque dite « révolutionnaire », l’auteur qui assume pleinement son passé de militant marxisant, s’explique sur les motivations qui l’ont amené à adhérer à la JMNR (Jeunesse du Mouvement National de la Révolution) et dans quelles circonstances il devint soldat de la DC (Défense Civile), à la suite des événements de juin 1966. L’auteur montre comment le passage du Che Guevara à Brazzaville avait fortement influencé Ange Diawara, l’icône de la DC.

Le récit décrit le fonctionnement de son unité armée le bataillon Lénine et rend compte de l’impact des luttes politiques au sein du MNR (Mouvement National de la Révolution) sur la cohésion de son unité militaire. Une partie importante du récit est consacrée aux événements du 31 juillet 1968 qui virent l’arrivée de l’Armée sur le devant de la scène politique.

Ce récit livre des clés pour comprendre pourquoi toute une jeune génération de militants s’engagea en toute foi dans le mouvement politico-militaire issu de la révolte d’août 1963, avec chez certains la conviction qu’ils participaient à l’avènement d’un monde meilleur.

Ce livre offre également un regard objectif sur les événements du 22 février 1972, ainsi que sur la naissance du mouvement communément dénommé M22.

L’auteur/

Maboungou Jean José est né à Paris en octobre 1950 d’un père congolais et d’une mère française. Économiste de formation, il a accompli l’essentiel de sa carrière professionnelle au Commissariat National aux Comptes (CNC), en qualité d’auditeur comptable des entreprises publiques et para-publiques.

Il a été membre du COCONA (Comité Coordonnateur National) de l’UGEEC (Union Générale des Élèves et Étudiants Congolais), et a assuré la direction nationale de cette organisation estudiantine, de 1970 à 1971. Par ailleurs, il a été cofondateur et membre de la direction nationale du MOLIDE (Mouvement pour les Libertés et la Démocratie), un parti politique né autour de la Conférence Nationale Souveraine de 1991.

Il est cofondateur avec Patrice Yengo, et membre du comité de rédaction de la revue Rupture éditée par Karthala. Il a fait partie de l’équipe rédactionnelle de l’hebdomadaire Le Pays, de 1999 à 2001. Il collabore de nos jours à La Semaine Africaine.