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Lorsque tout pouvoir vient de Dieu

Par • 31 Oct 2016 • Catégorie: Café littéraire, Évènements

Lorsque tout pouvoir vient de Dieu

Auteur : Antonio Mabiala
Format : 110 mm*180 mm / Folio : 168 pages
Parution : 01/11/2016
ISBN : 2-84220-098-5
Prix : 15 €

Résumé :

Le problème du pouvoir est universel.

Antonio Mabiala, bibliste et néo-testamentaire, compare la pratique et la conception du pouvoir dans deux passages du Nouveau Testament : Rm 7 et Ap 13.

L’ouvrage montre qu’il faut avoir une vision positive, mais aussi critique du pouvoir. Du point de vue positif, il est indéniable que le gouvernement civil a été établi par Dieu comme instrument de sa grâce pour freiner le péché, maintenir l’ordre et promouvoir la justice civile et le bien commun. Mais il faut souligner que la souveraineté appartient à Dieu. Afin de partager l’exercice du pouvoir, le Seigneur remet à chaque créature les fonctions qu’elle est capable d’exercer, selon les capacités de sa nature propre. C’est en tant que délégué de Dieu qu’on doit reconnaître a priori la légitimité de l’État.

Cette légitimité peut être mise en cause lorsque l’autorité s’exerce en contradiction avec la juste raison et se comporte de manière despotique.

Pour commander l’ouvrage, voir le fichier joint :

L’auteur : Père Antonio Mabiala est spécialiste des textes bibliques. Ancien recteur du séminaire de Kinsoundi.

Père Antonio Mabiala



Lettre du Pool n°2-3 : Crimes de masse et Décivilisation dans le Pool. Pourquoi l’indifférence?

Par • 14 Oct 2016 • Catégorie: Actualités, Contributeurs et auteurs

Lettre du Pool n° 2-3, octobre 2016

Crimes de Masse et Décivilisation dans le Pool. Pourquoi l’indifférence?

Auteur : Guy Aurélien Mankessy (sous la dir. de)
Format : 297mm*420 mm / Folio : 12 pages / Poids : 50gr / Format A3
Parution : 10/10/2016 / impression quadri
ISBN : 2-84220-096-1 /
ISSN : 2490-9955  /  Prix : 6 €
Pour commander le Journal : Télécharger le fichier suivant :

Crimes de masse et décivilisation dans le Pool. Pourquoi l’indifférence ?

Par Emo Ntsiabaro

Une réalité qui questionne

Lorsque les outils juridiques internationaux deviennent inopérants pour qu’une population donnée puisse jouir de sa dignité humaine, et que sa survie en tant que membre de la famille humaine est menacée, pire, vouée à une extermination programmée sur le sol de ses ancêtres, cet ethnocide ne peut être que celui d’une multiplicité d’acteurs qui opèrent sur les cinq continents.


On est alors en droit de s’interroger si la situation vécue dans département du Pool n’est pas au cœur d’une conspiration sans frontière.

Depuis la purge de sang  de mars 1977 avec le fratricide de Marien Ngouabi, et  l’éviction en février 1979 de Yhombi Opangault, son emprisonnement et la prise effective du pouvoir par Denis Sassou Nguesso, les ressortissants du Pool ont payé et payent encore un lourd tribut en vies humaines abrégées. Pour avoir été toléré dans le monde entier, le pouvoir de Brazzaville, depuis sa fin de règne annoncée par sa disqualification sans équivoque par le peuple souverain à l’occasion du scrutin présidentiel anticipé du 20 mars 2016, a systématisé les massacres  à grande échelle, sous le huis clos de la communauté internationale. Telle est la triste réalité que traduit le pogrom dans la région du Pool, commencé en décembre 1998 et qui s’est de nouveau amplifié depuis le 04 avril 2016, comme un volcan jadis endormi qui a repris son activité éruptive.


Un drame annoncé par les assassinats politiques des années 1977 à 1979.

Mars 1977, deux présidents de la République, Marien Ngouabi, Alphonse Massamba-Débat et un Cardinal, sont assassinés dans l’intervalle d’une semaine. Sans compter les témoins anonymes, des militaires en fonction ou certains officiers tels Kimbouala Nkaya abattu à domicile. Il fallait désigner des boucs émissaires expiatoires et fabriquer une idéologie ethno culpabilisatrice d’une certaine population comme béquille du régime naissant de Sassou Nguesso. Et la trouvaille sera simplement machiavélique :

« Bakongo ba bomi Marien », ce sont les Bakongo qui ont tué Marien Ngouabi . Il fallait donc leur faire payer ce forfait.. La cour révolutionnaire d’exception de février 1978, sacrifiera dix innocents tous ressortissants du Pool : Dianzenza Pierre, Kanza Daniel, Kianguila Daniel, Kinkoumba Etienne, Konda Albert, Kouba Grégoire, Mizelet Germain, Ndoudi-Nganga, Samba Dia Nkoumbi, Sissoulou Simon, seront tous fusillés au petit matin sans recours. Qui pis est, leurs dépouilles jamais remises à leurs familles, tout comme celle de l’ancien chef de l’état, Massamba-Débat, demeurent à ce jour sans sépultures. Comme on peut le comprendre, ces familles interdites de faire un quelconque rassemblement sous forme de deuil, demeurent terrorisées, traumatisées à vie.


Ainsi s’est formalisée la barbarie ethnique dans la gestion de l’état, qui continue jusqu’à ce jour. Ce qui corrobore  la critique de ce système politique, formalisée en son temps par Ange Diawara, sous le concept de l’OBUMITRI (Oligarchie Bureaucratique Militaro Tribale)

…..

L’ethnocide dans le Pool nourri par les prises de positions françaises ?

Comment expliquer la coïncidence entre les déclarations des autorités françaises en faveur de Sassou Nguesso et l’accentuation de l’ethnocide dans le Pool ? Le 30 juin 1998, le président français s’exprime à Luanda en ces termes : « Je me suis réjoui de l’intervention de l’Angola au Congo-Brazzaville, pour la raison simple que ce pays était en train de s’effondrer dans la guerre civile, de s’auto-détruire, et qu’il était souhaitable que l’ordre revienne. Il y avait quelqu’un qui était capable de le faire revenir, c’était Denis Sassou-Nguesso. Il lui fallait un soutien extérieur pour un certain nombre de raisons, l’Angola le lui a apporté» (François-Xavier Verschave, Noir Silence, Qui arrêtera la Françafrique, Paris, les Arènes, 2000, p. 16). Ce discours de Luanda, faisait suite au Droit de Veto de la France qui avait rejeté une résolution visant l’envoi d’une force onusienne de maintien de la paix, et d’interposition entre les deux belligérants Pascal Lissouba et Sassou Nguesso en 1997.

En décembre 1998, six mois après ce discours de Luanda, encouragé par ce satisfecit, commença la razzia,  à grande échelle, contre les populations civiles des quartiers sud de Brazzaville, du Pool, et des pays du Niari.

17 ans après, François Hollande autorise le référendum sur le changement de la constitution de 2002. Celle-ci, bien que taillée aux mensurations de Sassou Nguesso, limitait à deux le nombre de mandats du Président de la république, rendant ainsi possible une alternance démocratique en juillet-août 2016. L’opposition congolaise avait fait de cette alternance son cheval de bataille, et avait salué la position de fermeté prise par le président français François Hollande dans son discours de Dakar en 2014 ….

Les démocrates africains ont désormais compris que : « Les Congolais ne trouveront jamais dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit, et la démocratie dans leur pays », pour prendre l’antithèse du discours dakarois du président français. Du 21 octobre 2015 au 04 avril 2016, il s’est écoulé six mois environ, comme en 1998, pour que le même ethnocide reprenne avec les mêmes acteurs, les mêmes prétextes, le même mode opératoire, tel un volcan qui sommeillait dans les entrailles de la Françafrique…. À suivre dans le journal.


édito : Quand le

machiavélisme emprunte les habits du « vivre ensemble »

Comme nous l’enseigne la fable de La Fontaine « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute »(le corbeau et le renard),  c’est bien ce que traduit la bonne farce et pire la duperie que cache mal la récente et surprenante découverte par les chantres du pouvoir absolu, des vertus désormais adjurées du « vivre ensemble ». D’où vient donc cette soudaine fascination pour ce concept aujourd’hui à la « Une » du discours  politique à Brazzaville ? En tout cas,  point n’est besoin d’être clerc pour constater que bien plus qu’un cheval de Troie, il s’agit assurément d’une autre forme de subterfuge planifiée, pour maquiller la réalité sociale congolaise telle qu’elle se donne à voir dans nos rues, nos quartiers, nos villes et nos campagnes.

La nation congolaise héritée de ses illustres pères fondateurs Opangault, Youlou, Tchicaya, n’existe plus que de par la carte du monde. La république espérée en 1960  a perdu son âme. Le rêve d’unité proclamé par la « congolaise » notre hymne nationale s’est progressivement estompé.


Et pour cause, les effets conjugués du tribalisme, des discriminations produites par  l’injustice sociale et le despotisme, de la corruption, de dépravation des mœurs, de la négation de la morale et de l’éthique et notamment des violations des droits et de l’extermination planifiée d’une partie de sa population. Autant de maux entretenus par ceux là même qui aujourd’hui veulent porter les habits du « vivre ensemble » comme pour se donner bonne conscience.


Le sentiment d’appartenance à une communauté homogène et solidaire, n’est plus qu’un lointain souvenir pour les citoyennes et citoyens congolais du nord au sud et de l’est à l’ouest.

En sourdine, plusieurs questions interpellent le bon sens : Peut -on imaginer que les parents congolais démunis qui ne peuvent nourrir leur maisonnée ou pis qui peinent à financer la scolarité de leurs enfants vont allègrement tendre la main à ceux de ces prédateurs des deniers publics et nouveaux riches ?… A suivre dans le journal


Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Française

Me Bernard Amédée N’GANGA

Ancien avocat au Barreau de Paris

Avocat au Barreau de Brazzaville


Monsieur le Président,

J’aurais aimé, ne point avoir à vous écrire, si votre silence flagellé ne me tînt pour peine infligée. Il s’agit du Congo-Brazzaville, Monsieur le Président. Il vous souviendra qu’à la suite de la conférence de la Baule, les peuples déconsidérés, prirent congé du monstre froid : Monsieur Denis Sassou-Nguesso.

Cinq ans plus tard, au prétexte mensonger d’un trouble de réveil matinal, l’occasion fût belle et trouvée d’une guerre. La France imposera proprio motu Monsieur Denis Sassou-Nguesso rejeton nazi, auteur d’un pogrom en 1998. En témoigne, l’affaire des disparus du Beach.

Pourquoi tant de haine et de mépris pour la race noire ?


Est-ce le code noir qui rend l’or noir plus important que la race noire ? Les valeurs d’humanisme et de justice seraient-elles informes à la protection des intérêts de la France, pour leurs préférer un nazi ? De propos délibéré, le vice aurait-il inhibé jusqu’à l’ignorance de l’excès entre 27 ans au pouvoir de Monsieur Blaise Compaoré au Burkina Faso et 32 ans de Monsieur Denis Sassou-Nguesso au Congo-Brazzaville ?… A suivre dans le journal




Vers une nouvelle légitimité politique au Congo-Brazzaville

Par • 5 Juin 2016 • Catégorie: Nouveautés

Vers une nouvelle légitimité politique au Congo-Brazzaville

Mawawa Mâwa-Kiese

Le 04 juin 2016 à Paris,

Place du Congo Libre (Place du Châtelet)

0-Introduction

0.1-Place du Châtelet = Place du Congo Libre

La France et le Congo sont des nations toutes deux héritières de la même histoire. Celle du général De Gaulle, exilé à Londres, mais peu apprécié par les Alliés car « … la B.B.C., poste étranger, ne pouvait accorder, qu’une hospitalité conditionnelle à l’opinion d’un mouvement indépendant comme celui de la France combattante. »

Bien que le drapeau nazi trônait sur les édifices publics parisiens, l’âme parisienne de la France Libre, trahie par le Maréchal Pétain devint orpheline. Il fallut que le Général De Gaulle puisse la sauvegarder en un lieu sûr.

Félix Eboué, le gouverneur de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) qui siégeait à Brazzaville, en concertation avec les chefs coutumiers Kongo et Téké, acceptèrent la demande du Général De Gaulle, de faire de Brazzaville la capitale de la France Libre. De surcroît, l’âme de Paris, en errance depuis le 18 juin 1940 à Londres trouva refuge sur la rive droite du fleuve Congo – plus dense et plus puissant que la Seine-, le 27 octobre 1940 sur les terres du roi Makoko.

Et De Gaulle de déclarer depuis cette terre hospitalière du Congo « … La France traverse la plus terrible crise de son histoire. Ses frontières, son empire, son indépendance et jusqu’à son âme sont menacés de destruction… Il faut donc qu’un pouvoir nouveau assume l’effort français dans la guerre… Je constitue à la date d’aujourd’hui un Conseil de Défense de l’empire… Le siège du Conseil de Défense est placé où il convient pour exercer la direction de la guerre dans les meilleures conditions… La présente ordonnance sera promulguée au Journal Officiel de l’Empire et provisoirement au Journal Officiel de l’Afrique Equatoriale Française. Fait à Brazzaville, le 27 octobre 1940. C. De Gaulle. »[1]

L’histoire postindépendance, et plus particulièrement celle de ce dernier quart de siècle montre que la France continue de confiner le Congo dans un rapport colonialiste déterministe et figé alors que la démocratie incarne l’idéal d’une société libre, et est la seule issue pour mettre en pratique la « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ». Comment la France Officielle peut-elle exclure les Congolais de la grande Famille Humaine en leur refusant toute dignité conférée en son article 1 de cette déclaration qui stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

L’ONU qui avait accepté le veto français sur la résolution n° 867 du 29 octobre 1997 du Conseil de Sécurité, est responsable de la crise sociopolitique multidimensionnelle qui prévaut actuellement au Congo-Brazzaville. Mais aussi depuis la magistrature de Jacques Chirac, jusqu’à celle de François Hollande, le Congo a été placé au ban des Nations Unies. Cette marginalisation de notre pays depuis ces 20 dernières années, nous a fait comprendre, dans nos divers contacts tant en Europe qu’aux Amériques, qu’aucune autre nation du monde n’avait le droit d’aider à ce que la situation socio-politique du Congo-Brazzaville ne puisse s’améliorer. Et dans la même logique, la France, de connivence avec le pouvoir de Brazzaville empêchait toutes les organisations humanitaires et de bienfaisance d’aider les Congolais à œuvrer pour l’amélioration des conditions socioéconomiques dans leurs pays. Le plus grave c’est que depuis le 4 avril 2016, le dictateur, tel un volcan endormi depuis sa dernière irruption de 1998 à 2002, est en train d’exterminer à nouveau les populations civiles du département du Pool sans qu’aucune puissance mondiale ne puisse porter assistance aux Congolais. Dans les grandes villes du pays, les opposants sont embastillés emprisonnés, enlevés et tués sans autre forme de procès. Des jeunes des quartiers sud de Brazzaville (Bacongo, Makélékélé, M’filou) sont régulièrement enlevés et portés disparus. Pas plus tard que cette semaine, l’opposant politique Patrice Lagany alias Papito a été de nouveau enlevé à son domicile de Talangaï et enfermé à la DST.

Serait-ce faux pour nous Congolais de paraphraser le Général de Gaulle en disant comme lui : « Le Congo traverse la plus terrible crise de son histoire. Ses frontières, son empire, son indépendance et jusqu’à son âme sont menacés de destruction… Il faut donc qu’un pouvoir nouveau assume la légitimité ainsi que l’effort des Congolais dans la restauration de la démocratie… »

Nous savons qu’il existe une divergence de taille entre l’élite politique française et les populations françaises qui luttent elles aussi pour leur survie quotidienne. Nous travaillons avec les Français dans les entreprises, et voyons comment ils souffrent eux aussi pour joindre les deux bouts de mois. A ces Français nous disons que si nous Congolais sommes contraints de vivre en France, de grignoter votre pain et d’occuper les postes de travail qui devaient revenir à vos enfants qui sont au chômage, c’est parce que vos élites politiques entretiennent des dictatures féroces dans nos pays. Et c’est cette entente machiavélique qui fait que pour un pays comme le Congo-Brazzaville, la génération de ses cadres les mieux formés, qui auraient pu relever les défis du développement, sont obligés d’être sous-employés en France. Ce qui est vrai pour le Congo l’est tout aussi pour les autres pays d’Afrique Francophone.

Désormais, pour la lutte des Congolais nous décidons à partir de ce jour 04 juin 2016 que la place du Châtelet devienne la Place du Congo Libre. Nous formulerons cette demande à la Préfecture ainsi qu’à la Mairie de Paris, afin que désormais cette place nous soit dédiée pour toutes nos manifestations pacifiques.

0.2-Le Congo-Brazzaville aujourd’hui

Le dialogue est une vertu qui permet aux parties en conflit mineur de dépasser les différends et de construite le « vivre ensemble » par consensus. Les pourparlers sont souhaités et utiles lorsqu’ils reposent sur des textes de loi approuvés par l’ensemble d’une communauté.

La crise congolaise actuelle, est celle d’un système et ne peut pas se résoudre par des négociations qui ne feraient que conforter le dictateur dans sa fuite en avant. Il s’agit aujourd’hui au Congo-Brazzaville d’une crise de légitimité. Le pouvoir qui veut se maintenir par la force des armes est coupable de forfaiture, de parjure et de haute trahison. Tout Congolais conscient sait que Sassou Nguesso est dans les coulisses de la politique congolaise depuis  1965, donc depuis plus de cinquante années maintenant. Ce serait un leurre de penser qu’il peut incarner aujourd’hui l’avenir de ce pays. Ce serait condamner les générations futures à l’esclavage et à une servitude clanique, que de dialoguer avec lui. C’est pourquoi nous donnons quelques éléments de sortie de crise.

– Le départ sans conditions de Denis Sassou Nguesso du pouvoir ;

Du président Fulbert Youlou au président Pascal Lissouba, des fins de règne humiliants, tragiques et honorables au Congo ;

– Vers une nouvelle légitimité politique au Congo.

1- Le départ sans conditions de Denis Sassou Nguesso du pouvoir

Bien que cette crise soit multidimensionnelle, nous la résumerons par ses récentes implications qui font du Congo un pays de non droit.

-Le texte constitutionnel qui a été imposé au peuple le 25 octobre 2015, en ces articles 10 et 96, consacre l’impunité planétaire du président de la République. Aucune juridiction congolaise ni étrangère ne saurait le poursuivre s’il est responsable de crimes, de détournements de deniers publics pendant qu’il est au pouvoir et même après celui-ci.

-Pour démontrer le rejet de la dictature de Denis Sassou-Nguesso par le peuple, l’opposition congolaise a fait état d’une ruse politique pour se présenter au scrutin du 20 mars 2016 – bien que le nouveau texte constitutionnel n’a jamais été approuvé par les Congolais. Cette participation intelligente a prouvé une fois de plus, comme aux élections de 1992, que Sassou Nguesso, avec moins de 8% de suffrages obtenus ne pouvait pas être présent au second tour. Malgré cette sanction par les urnes, donc par l’exercice légal de la démocratie, il s’est autoproclamé élu avec plus de 60% de suffrages. Hold-up électoral !… Pour conforter sa posture de hold-up électoral, l’opposition intérieure a été embastillée et une épuration ethnique à huis clos poursuit son cours depuis le 04 avril 2016. Il a ainsi conforté son illégitimité par les armes et continue d’agir par une grave atteinte aux droits de l’homme.

-Les récentes révélations sur les « Panama papers » : montrent comment la gestion clanique des finances publiques et des recettes d’état s’effectue de manière mafieuse par Sassou Nguesso[2] et ses proches parents pour paupériser les Congolais.

-Notre appel[3] pour une résolution de l’ONU, du 07 avril 2016, signée par plus de 1250 personnes, prouve comme en 1998, les crimes contre l’humanité dont est devenu champion, Monsieur Denis Sassou-Nguesso. Il est encouragé dans ce sens par le droit de veto de la France, qui empêche depuis 1997, que d’autres puissances mondiales, ainsi que les organisations humanitaires, de s’intéresser à la situation d’esclavage et de génocide qui prévaut au Congo et plus particulièrement dans le département du Pool.

Sur ce,

-Le pouvoir illégal et illégitime de Monsieur Denis Sassou Nguesso avec son premier ministre Clément Mouamba, est désavoué au niveau international car la fraude électorale qui a été mise en œuvre au su et au vu de tous est innacceptable par tous les vrais démocrates du monde entier.

-La baisse du prix du baril de pétrole a fortement réduit les recettes de l’état et le pays est en faillite car toutes les recettes antérieures ont été frauduleusement transférées dans les paradis fiscaux par le clan au pouvoir.

-Le FMI et la Banque Mondiale, qui en 2010 avaient accordé à ce régime une faveur complaisante de remise de dette, en lui conférant l’étiquette de PPTE (Pays Pauvre Très Endetté), souhaite de nouveau continuer à endetter notre pays en imposant aux acteurs politiques un dialogue avec Sassou Nguesso.

-Le peuple congolais dans son ensemble a rejeté le pouvoir de Denis Sassou Nguesso et de son clan. Il est encore temps d’arrêter les choses au bon moment pour avoir une sortie de crise quasi-pacifique qui requiert le transfert de légitimité à l’opposition qui a prouvé sa victoire par les urnes. Celle-ci organisera une période de transition, à l’issue de laquelle le pays renouera avec le FMI et la Banque mondiale, pour que les éventuels prêts ne puissent plus continuer de grossir les comptes bancaires off shore du clan des Nguesso, ainsi que les « Panama Papers ».

2-Du président Fulbert Youlou au président Pascal Lissouba, des fins de règne humiliants, tragiques et honorables

-Le premier président de la République, l’abbé Fulbert Youlou a connu un règne de courte durée (1960-1963), mais très dense en avancées socio-économiques. Pour mettre un terme aux clivages ethniques qui avaient endeuillées le pays en 1959, il décida de créer un parti unique. Les syndicalistes s’y opposent, et sont instrumentalisés par le pouvoir politique français qui ne souhaite pas voir réussir cet abbé dans ses multiples projets de partenariat avec les Etats-Unis, l’Allemagne et d’autres partenaires. Il est contraint de démissionner le 15 août 1963. Sassou Nguesso fait partie de la garde républicaine présente au palais du peuple, sous la houlette du Colonel Mountsaka qui va récupérer cette démission.

-Le second président, Alphonse Massamba-Débat (1963-1968), est lui aussi contraint à la démission, le 03 septembre 1968. D’après Théophile Obenga[4], ce coup d’état qui va aboutir à l’éviction du président Alphonse Massamba-Débat commence en 1965 avec la participation de Denis Sassou Nguesso. Pour Obenga : « le gros du travail se faisait au niveau de l’armée où le capitaine Marien Ngouabi et ses amis pouvaient jouer à fond la carte de la clandestinité : réunion chez le sous-lieutenant Eyabo, chez le lieutenant Sassou Nguesso, chez le capitaine Ngouabi, réunions à ouénzé, à Poto-Poto, à Moungali, à Bacongo… ». Ainsi Marien Ngouabi arrive au pouvoir le 31 décembre 1968, après un intérim de près de 4 mois assuré par le capitaine Alfred Raoul.

-Le 3ème président, qui est souvent ignoré dans l’histoire du Congo, c’est le capitaine Alfred Raoul qui n’a fait qu’assurer un intérim qu’il a quitté le temps que les organisateurs du coup d’état finalisent leur projet. Son intérim n’a duré que quatre mois, du 5/09/1968 au 31/12/1968.

-Le 4ème président Marien Ngouabi (1968-1977) connaîtra une sortie tragique. Il faut noter qu’à partir du 1er janvier 1969, Sassou Nguesso entre définitivement dans la gestion effective du pouvoir d’état, et il n’a jamais quitté cette position jusqu’à ce jour. Fort de cette expérience de 47 ans d’exercice effectif du pouvoir politique, il a acquis une capacité de nuisance qui déroute aujourd’hui tous les diplomates du monde entier. Il a joué auprès de Marien Ngouabi, le même rôle de traître que Blaise Compaoré a joué auprès de Thomas Sankara au Burkina Faso. Marien Ngouabi est assassiné le 18 mars 1977 par l’intermédiaire d’un complot fratricide piloté par le ministre de la Défense de l’époque qui n’est autre que Sassou Nguesso Denis.

-Le 5ème président de la république sera Yhomby Joachim Opangault (1977-1979). Pour de simples raisons tactiques, Yhomby le plus haut gradé qui occupe la présidence du Comité Militaire du Parti, est promu chef de l’Etat. Mais le 05 février 1979, l’acteur principal de l’assassinat de Marien Ngouabi organise un coup d’état de palais et va évincer Yhomby Opangault du pouvoir avec assignation à résidence.

-Le 6ème président de la République sera Denis Sassou Nguesso (1979-1992). Il aura exercé un premier règne de treize années qui se conclura par les premières et seules élections libres et transparentes du pays en 1992, organisées après la Conférence nationale Souveraine de 1991. Bien que battu aux élections et condamné de crimes et détournements de fonds publics par la Conférence Nationale Souveraine, il sera le premier président du Congo à quitter le fauteuil avec tous les honneurs liés à la magistrature suprême. C’est la seule fois qu’il y a eu une alternance apaisée au Congo.

-Le 7ème président de la République, le seul élu au suffrage universel direct sera Pascal Lissouba (1992-1997). Il est évincé par son prédécesseur en octobre 1997 par une guerre civile qui avait commencé le 05 juin 1997. L’après coup d’état va connaître l’embastillement diplomatique du Congo par l’ONU, via le veto de la France. Au cours de cette guerre de 1997, la société civile congolaise avait demandé au Conseil de Sécurité de l’ONU de prendre une résolution afin qu’une force d’interposition et de maintien de la paix soit déployée au Congo. La résolution fut prise, mais la France y apposa son véto et en lieu et place d’une force onusienne, elle fit entrer l’armée angolaise qui aux côtés des rebelles Cobra dirigés par Sassou Nguesso chassèrent le président Lissouba du Palais en octobre 1997.

-Le 8ème président qui n’est autre que Denis Sassou Nguesso occupe ce poste depuis 1997, soit dix neuf années continues, sans interruption. Quand on y ajoute son premier mandat, cela fait exactement 32 années d’exercice effectif du pouvoir d’état. Mais si nous analysons sa présence dans les hautes sphères d’état, il y a plus d’un demi-siècle que Denis Sassou Nguesso demeure un acteur majeur sur la scène politique congolaise, et il est le problème principal de ce pays.

3-Vers une nouvelle légitimité politique au Congo

Un adage populaire stipule qu’on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. Sassou Nguesso ne peut plus être une quelconque solution et/ou une référence pour la sortie de crise au Congo-Brazzaville. Le peuple congolais a actuellement épuisé tous les moyens pacifiques possibles pour dire non au dictateur. Le plus élégant d’entre eux a été son vote démocratique du 20 mars en faveur de l’opposition.

Dans la seconde partie, nous avons donné toutes les formes d’intelligence que les Congolais ont déjà mises en œuvre par le passé pour faire partir les chefs d’États. Une d’entre elle pourra être appliquée pour contraindre ce dictateur à quitter le pouvoir.

Ce que le peuple congolais peut néanmoins attendre de la communauté internationale, s’il en existe encore une, et surtout de la France qui occupe en ce mois de juin 2016 la présidence du Conseil de Sécurité de l’ONU, c’est un arbitrage qui permettra à Sassou-Nguesso de quitter le pouvoir sans conditions.

Ainsi le peuple congolais pourra récupérer sa légitimité politique pour la remettre entre les mains de l’opposition qui est actuellement embastillée. Laquelle, à l’issue d’un bref dialogue mettra en place, avec la participation de la communauté internationale, les structures qui vont gérer la transition politique de cinq années.

C’est pendant la transition que s’effectuera le véritable travail de refondation de la République du Congo, en dotant le pays d’une nouvelle constitution à laquelle vont participer toutes les couches de la société.

Fait à Paris, Place du Congo Libre (Place du Châtelet), le 04 juin 2016

Mawawa Mâwa-Kiese, Ancien  parlementaire.

Membre de l’Alliance Congolaise pour la Renaissance Africaine (ACRA)

Mail : alliance.acra@gmail.com


[1]-Général Charles De Gaulle, « Manifeste du 27 octobre 1940 relatif à la direction de l’effort français dans la guerre. Ordonnance n° 1 », in Journal Officiel de la République Française, Le Journal Officiel de la France Libre, Paris, réédition des éditions des journaux officiels, ° 5952, avril 2003, p. 9.

[2]– http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/07/panama-papers-comment-le-petrole-congolais-s-evapore-dans-les-paradis-fiscaux_4898082_3212.html#LM22pzQLjqI5LZzh.99.

[3]– https://www.change.org/p/barack-obama-appel-pour-une-d%C3%A9cision-de-l-onu-sur-les-crimes-contre-l-humanit%C3%A9-au-congo-brazzaville.

[4]– Théophile Obenga, La vie de Marien Ngouabi 1938-1977, Paris, Présence Africaine, 1977, p. 45-46.

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Appel sur les crimes contre l’Humanité au Congo-Brazzaville : Le Martyr du Pool

Par • 9 Avr 2016 • Catégorie: Nouveautés

Appel sur les crimes contre l’Humanité au Congo-Brazzaville : Le Martyr du Pool

Le lundi 04 avril 2016, au Congo-Brazzaville, a commencé une opération militaire, qualifiable de Terrorisme d’État, qui vise l’extermination des populations civiles de la région du Pool. Il ne s’agit pas d’une guerre classique. Car la guerre suppose deux belligérants. Dans ce cas de figure, il s’agit de l’armée nationale du Congo, qui déferle sur ses propres populations civiles localisées dans un département pour les exterminer. Cette opération, qui rappelle un précédent, celui de 1998 à 2002 a suscité l’indignation d’un certain nombre de Congolais.

Pour se donner bonne conscience, en guise de forces armées assaillantes, le pouvoir de Brazzaville a fabriqué ses propres milices, affublées des noms Ninja ou Nsilulu, pour faire diversion.

C’est pourquoi, l’Alliance Congolaise pour la Renaissance Africaine (ACRA) a pris l’initiative d’un Appel afin d’informer le monde entier sur le génocide en cours dans la Région du Pool au Congo-Brazzaville.

Il s’est dégagé un Comité de Suivi sur ces massacres à huis clos, joignable au mail suivant : alliance.acra@gmail.com

Membres du Comité de suivi de l’Appel

M. Mawawa Mâwa-Kiese

M. Samba Dia Nkoumbi Jean-Richard Amédée

Mme Yeka Nkounkou

M. Banzouzi Roch

M. Goma Jean P.

Pour signer l’appel, aller sur le site www.change.org ou aller sur le lien suivant :

https://www.change.org/p/barack-obama-appel-pour-une-d%C3%A9cision-de-l-onu-sur-les-crimes-contre-l-humanit%C3%A9-au-congo-brazzaville?recruiter=525321845&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

Paris le 09/04/2016

Pour le Comité de suivi de l’Appel.

Mawawa Mâwa-Kiese

Pour télécharger le fichier PDF de l’Appel, cliquer sur le lien qui suit : Texte FinalEnd1

Appel sur les crimes contre l’Humanité au Congo-Brazzaville.

Demande d’une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l’ONU sur le Congo-Brazzaville

Nous, citoyennes et citoyens du Congo-Brazzaville,

Préoccupés par la guerre à huis clos, contre les populations civiles, urbaines et rurales démunies, que le pouvoir de Brazzaville impose à une certaine catégorie de concitoyens, et, profondément indignés par le silence compromettant des démocrates du monde et particulièrement de l’ONU, de l’UE et de la France,

Nous remémorant les mots justes exprimés avec prémonition il y a 17 ans, par le professeur Jean-Pierre Makouta Mboukou, dans sa lettre ouverte adressée le 16 avril 1999 au président Jacques Chirac à savoir :

«… Ce que nous demandons, à la France et à vous-même, c’est de lever le « veto » permanent imposé par la France à tous les niveaux, européen et international, sur tous les dossiers concernant le Congo-Brazzaville, pour soutenir le régime autoproclamé, en oubliant que cette politique condamne les populations civiles au génocide programmé. Ce que nous demandons aussi à la France et à vous-même, c’est de permettre l’application de la résolution n° 867 du 29 octobre 1997 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le retrait sans condition de toutes les troupes étrangères, mercenaires compris, du territoire congolais… ».

Constatant que cet appel prémonitoire ignoré en son temps retrouve aujourd’hui toute sa pertinence et rappelle aux yeux du monde entier la responsabilité de la France, puissance tutélaire de ses anciennes colonies, dans les drames vécus depuis plusieurs décennies par les populations congolaises.

Et, considérant que le Général Sassou Nguesso et les forces de sécurité congolaises, par leurs actes, sont coupables de crimes contre l’humanité en toute impunité au vu et au su de la communauté internationale ;

Nous nous levons ce jour, et nous nous insurgeons contre les actes délibérés de violation des droits humains et les crimes en cours en république du Congo, particulièrement dans les quartiers sud de Brazzaville et dans la région du Pool, en répression à la volonté de changement des populations exprimée dans les urnes à l’occasion de l’élection présidentielle du 20 mars 2016.

Ainsi entendu, nous déclarons ce qui suit :

  1. 1. Il est temps, plus que temps pour que la France assume à présent ses responsabilités et réponde à l’appel du Peuple congolais martyrisé.

Par le passé, la France a fait usage du droit de véto contre une résolution des Nations Unies sur le Congo, et le président Jacques Chirac ne manqua pas de se réjouir « … de l’intervention de l’Angola au Congo-Brazzaville », entérinant de 1998 à 2002, les crimes contre l’humanité des populations civiles, au profit des intérêts d’État inavoués et ceux des firmes multinationales, impliquant la société pétrolière Elf, devenue par la suite Total-Elf.

Ce martyr injustifiable témoigné à l’époque par François-Xavier Verschave, qui révélait que :

« … C’est à bord de véhicules récemment livrés par la France que les troupes et milices du camp présidentiel ont déferlé sur Bacongo et Makélékélé. Elles se sont déchaînées sur cette zone urbaine, aussi peuplée que Bordeaux. Elles l’ont partiellement évacuée, « fait le tri » à la sortie puis ravagé tout ce qui restait – habitations et êtres humains. Avec un double objectif : un pillage exhaustif, et l’élimination de tous les Ninjas virtuels ou potentiels, les hommes et les adolescents. Maison par maison. Plus les viols, mutilations et massacres que stimule ce genre d’expédition homicide : « J’ai vu des gens qui s’enfuyaient avec un matelas mousse auquel les militaires ont mis le feu pour les transformer en torches vivantes »… Parmi les habitants du quartier M’pissa, beaucoup sont poussés dans le fleuve Congo qui emporte leurs corps. » (dans Noir Silence. Qui arrêtera la Françafrique ? les arènes, Paris 2000, p. 18).

  1. 2. Pour n’avoir pas défendu la démocratie, la position de la France a implicitement rendu possible l’aggravation des violations des droits et le sacrifice d’innocentes vies humaines.

Ces dernières années, notamment tout au long de l’année 2015, les Congolais ont interpellé la présidence française sur les risques prévisibles qu’induisait le projet de changement de constitution concocté par le Général Sassou Nguesso dans le seul but d’échapper à sa fin de règne prévue en août 2016, date limite de son deuxième et ultime mandat.

Cette interpellation se trouvait confortée par le nouveau cap que se donnait l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui venait raviver l’espérance des damnés de la terre congolaise, à l’occasion de ses XIVème et XVème sommets de la Francophonie, le 13 octobre 2012 à Kinshasa, et le 29 novembre 2014 Dakar, quand on pouvait entendre dire par le président français que :

« … La 3ème priorité que nous devons porter ensemble, les francophones, c’est de contribuer au règlement des crises, chaque fois que nous sommes concernés… Et puis, la dernière priorité, c’est la démocratie. La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l’Homme, le pluralisme, le respect de la liberté d’expression, l’affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants… » (Kinshasa).

Et, mieux encore :

« … La Francophonie, elle est soucieuse des règles de la démocratie, de la liberté du vote, du respect des ordres constitutionnels et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples, à des élections libres… Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie… Mais aussi ce qu’a fait le peuple burkinabé doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce sont les peuples qui décident… » (Dakar).

Comment donc ne pas s’interroger sur la possible et inacceptable compromission de la France lorsque par la voix de son président François Hollande, elle a refusé d’entendre l’appel du peuple congolais en soutenant la violation de la constitution congolaise par celui qui apparaît désormais comme son protégé, en déclarant le 21 octobre 2015 que : « … Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre … » ?

Comment ne pas s’indigner quand on sait que les décisions de politique extérieure prises par la France, notamment en ce qui concerne ses anciennes colonies, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, emportent mécaniquement les décisions de l’ensemble des membres que sont la Chine, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie et le Royaume-Uni.

Ainsi autorisé à réaliser son projet de présidence à vie, son forfait consommé, le Général Sassou Nguesso a promulgué sa constitution lui garantissant toute impunité, et a anticipé manu militari, en toute opacité, un scrutin présidentiel le 20 mars 2016.

  1. 3. Le régime autocratique et dictatorial de Brazzaville refuse au peuple le droit de choisir ses représentants et plonge impunément le pays dans un chaos, déploie une répression policière et une violence sans précédents contre les populations civiles, notamment dans la région du Pool.

Pour marquer le rejet de ce régime autocratique, le souverain primaire a massivement voté le 20 mars 2016 pour les candidats de l’opposition, consacrant ainsi l’élimination au premier tour du Général Denis Sassou-Nguesso.

Pour s’approprier à tout prix cette victoire perdue dans les urnes, le Général Sassou-Nguesso a décidé de s’imposer en perpétrant des tueries aveugles qualifiables de crimes contre l’humanité. C’est le cas, depuis le 04 avril 2016, des attaques fomentées dans les quartiers sud de Brazzaville (Bacongo, Makélékélé, M’Filou) et pire, les bombardements à l’arme lourde des localités habitées du département du Pool. Ces représailles s’assimilent à une épuration ethnique d’une partie de la population en l’occurrence Bakongo.

Pour justifier cette nouvelle guerre contre ses propres populations civiles, en guise de forces armées assaillantes, le pouvoir de Brazzaville a fabriqué ses propres milices, affublées des noms Ninja ou Nsilulu, pour faire diversion. Comme l’indique un observateur averti, présent à Brazzaville,

« … C’est la guerre qu’impose un clan au pouvoir contre la majorité républicaine. Ces tueries qui sont en train de se produire dans le Pool sont le fait d’une minorité, des gens proches de Sassou Nguesso et de Sassou Nguesso lui-même parce qu’il laisse faire… »

Au regard de ce qui précède,

Nous Congolaises et Congolais, associés à tous les démocrates du monde,

– Déplorons la politique de deux poids deux mesures de la France, de l’OIF, de l’UE et de l’ONU, face au terrorisme d’État, pratiqué en toute impunité internationale, par le Général Denis Sassou Nguesso depuis plus de trente deux (32) années.

– Demandons par conséquent une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l’ONU, sur les massacres actuels des populations civiles de la région du Pool, de Brazzaville, de Pointe-Noire ainsi que des autres départements.

– Invitons les organisations humanitaires, affiliées au système des Nations Unies, notamment la Croix Rouge Internationale, d’intervenir dans l’urgence pour secourir les populations victimes et pour constater les responsabilités sur les crimes en cours.

– Accusons de criminels, les commanditaires de ces exactions, et réaffirmons notre engagement à demander la mise en œuvre de toutes les procédures nécessaires pour que leurs actes criminels ne restent pas impunis.

– Demandons à l’ONU et à l’UA, l’ouverture d’une enquête préliminaire, en vue de la mise en place d’un tribunal spécial sur la République du Congo, à l’exemple du Rwanda.

Contacts : alliance.acra@gmail.com

Fait à Paris, le 7 avril 2016

Les initiateurs

Mawawa Mâwa-Kiese Physicien, Enseignant-Chercheur, Ancien parlementaire et membre de l’Alliance Congolaise pour la Renaissance Africaine (ACRA).
Miayoukou Alexis-Richard Ancien Conseiller du premier ministre de la Transition et ancien parlementaire.
Ntoungamani Benjamin Enseignant-Chercheur, Président de la Plate-Forme Contre la Corruption et l’Impunité (PCCI).
Yanguissa Joseph Abbé et président du parti politique immatriculé au Congo, La Devise.

Les signataires

Balonda Justin Docteur en Droit
Dandila Justin Docteur en Droit et membre de l’ACRA
Manckessy Guy Économiste
Samba Dia Nkoumbi Jean-Richard Amédée Économiste, Directeur de Nsimou YTV Management

Kihoulou Antoine Page Président de Kimpuanza
Biango Mingwa Chef de projets « Télécom »
Ntchimou Mesmin Membre de la Devise Angleterre
Ndoba Magloire Professeur d’Université
Facho Balaam Faustin Professeur d’Université
Touanga Marcel Colonel à la retraite. Président du Collectif des parents des victimes et disparus du Beach.
Pantou Eric Avocat au Barreau de Paris
Bavibidila Kousseng Roger Avocat et Président du CERDDEV (Cercle de Réflexion pour la Démocratie et le Développement)
Loubelo Eugène-Fernand Docteur en Neurosciences, Physiologiste.
Moukala Ferdinand Justice Conseiller en Gestion de Patrimoine
Malekat Jean Luc Ancien Ministre des Finances
Loubaki Annie Cadre comptable financier
Gbaguidi Nicole Cadre juridique
Mene Berre José Louis
Gandou Philippe
Banzouzi Roch
Mpoudi Lambert
Nitou Samba
Tsouares Paul
Malanda Nelly
Mahoukou Nina
Edzoutsa Gloria
Ibrahim
Massamba Delphin
Loukakala Matsiona Basile
Kanoukounou Casimir
Kivouvou Donatien
Goma Jean P.
Bothi Pouati
Bizitou Ange
Loufoua Roger
Kitemo Prince
Ndalla Fernand
Nkunku Lemba



Sur le sentier d’un enfant de la Défense Civile

Par • 22 Mar 2016 • Catégorie: Actualités, Café littéraire, Évènements
Sur le sentier d’un enfant de la Défense Civile
Auteur : Jean-José MABOUNGOU
Format : 135*210 mm / Folio : 248 pages
Poids : 230 gr  / Parution : 16/03/2016
ISBN : 2-84220-095-4 / Prix : 25 €

Problématique

Sur le sentier d’un enfant de la Défense Civile est le récit de la vie militante de l’auteur dans les années soixante et soixante dix. Restituant avec force détails le climat de l’époque dite « révolutionnaire », l’auteur qui assume pleinement son passé de militant marxisant, s’explique sur les motivations qui l’ont amené à adhérer à la JMNR (Jeunesse du Mouvement National de la Révolution) et dans quelles circonstances il devint soldat de la DC (Défense Civile), à la suite des événements de juin 1966. L’auteur montre comment le passage du Che Guevara à Brazzaville avait fortement influencé Ange Diawara, l’icône de la DC.

Le récit décrit le fonctionnement de son unité armée le bataillon Lénine et rend compte de l’impact des luttes politiques au sein du MNR (Mouvement National de la Révolution) sur la cohésion de son unité militaire. Une partie importante du récit est consacrée aux événements du 31 juillet 1968 qui virent l’arrivée de l’Armée sur le devant de la scène politique.

Ce récit livre des clés pour comprendre pourquoi toute une jeune génération de militants s’engagea en toute foi dans le mouvement politico-militaire issu de la révolte d’août 1963, avec chez certains la conviction qu’ils participaient à l’avènement d’un monde meilleur.

Ce livre offre également un regard objectif sur les événements du 22 février 1972, ainsi que sur la naissance du mouvement communément dénommé M22.

L’auteur/

Maboungou Jean José est né à Paris en octobre 1950 d’un père congolais et d’une mère française. Économiste de formation, il a accompli l’essentiel de sa carrière professionnelle au Commissariat National aux Comptes (CNC), en qualité d’auditeur comptable des entreprises publiques et para-publiques.

Il a été membre du COCONA (Comité Coordonnateur National) de l’UGEEC (Union Générale des Élèves et Étudiants Congolais), et a assuré la direction nationale de cette organisation estudiantine, de 1970 à 1971. Par ailleurs, il a été cofondateur et membre de la direction nationale du MOLIDE (Mouvement pour les Libertés et la Démocratie), un parti politique né autour de la Conférence Nationale Souveraine de 1991.

Il est cofondateur avec Patrice Yengo, et membre du comité de rédaction de la revue Rupture éditée par Karthala. Il a fait partie de l’équipe rédactionnelle de l’hebdomadaire Le Pays, de 1999 à 2001. Il collabore de nos jours à La Semaine Africaine.



Panorama de la Littérature Orale du Loango. Etude des proverbes

Par • 28 Jan 2016 • Catégorie: Actualités, Contributeurs et auteurs, Évènements
Panorama de la Littérature Orale
du Loango
étude des proverbes
Auteur : René Mavoungou Pambou
Préface : Auguste Miabeto Ladi
Format : 150*220 mm / Folio : 328 pages
Poids : 310 gr  / Parution : 01/02/2016
ISBN : 2-84220-093-0 / Prix : 30 €
Argumentaire :
Ce panorama de la littérature orale est une œuvre majeure qui traite d’un pan de l’histoire, de l’ethnologie, de l’anthropologie, sinon du patrimoine culturel immatériel du peuple de Loango, ainsi que de ses proverbes.
Au travers de cette méthodique et rigoureuse taxinomie des genres littéraires oraux, ponctuée d’une illustration par le texte, on s’imprègne avec délectation de l’univers de significations d’un peuple.
L’auteur plante le décor historique sur l’origine du peuple de Loango aux environs du xiième siècle de notre ère, de son apogée en termes d’organisation sociale, politique et économique. À la lumière de son argumentation, l’auteur montre que « l’homme noir n’est pas assez entré dans les manuels d’histoire universelle, en raison du fait que l’histoire du continent africain et du peuple noir en général est édulcorée et falsifiée à dessein. »
C’est par les mázínà, ou la dation des noms que s’inaugure la seconde partie. Car « attribuer un nom, c’est donner une identité, faire accéder à une existence sociale, reconnaître un être vivant en tant qu’individu… » En effet, « la dation du nom en milieu traditionnel du Loango, comme partout chez les Kongo, n’a jamais été un acte aléatoire… » Enfin, viennent les contes, devinettes, berceuses et chansons diverses, venus du fond des âges.
Les trois dernières parties approfondissent l’étude du cíngánà, « proverbe ». Après l’énoncé des fonctions de ce genre littéraire, l’auteur aborde une analyse logico-formelle et stylistique. L’analyse sémantique d’une quarantaine de proverbes termine ce riche enseignement hautement pédagogique.
L’ouvrage apporte à l’humanité les galets d’une civilisation évanescente. En effet, si des langues entières sont menacées de disparaître ou plutôt disparaissent, du fait d’une glottophagie avérée, que dire des cultures et traditions des peuples qu’elles véhiculent ?
La culture du Loango, ainsi revisitée, peut désormais participer au grand rendez-vous du donner et du recevoir, dans ce monde qui sans cesse est en train de se muer en un village planétaire.
Pour commander l’ouvrage télécharger  pubpanorama ou image suivante :
L’auteur
René Mavoungou Pambou
Bowamona Keb’Nitu Wuta Lwangu
René Mavoungou Pambou est Docteur en ethnolinguistique. Études effectuées à Paris 5- Sorbonne, à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) et à Paris 7- Jussieu.
Ses recherches portent sur la culture du peuple de Loango dans une approche où l’ethnolinguistique sert de trame à une analyse pluridisciplinaire. Son ambitieux projet consiste en la sauvegarde des vestiges du glorieux passé de l’État de Loango.


La résurrection du Loango suivi de Béréshit et Bismillah

Par • 15 Déc 2015 • Catégorie: Actualités, Évènements, Livres

La résurrection du Loango suivi de Béréshit et Bismillah

Auteur : Serge FéLIX-TCHICAYA

Format : 160 mm * 160 mm

Folio : 152 pages, Poids 170 gr

ISBN : 2-84220-091-6 / Prix : 15€

Mise à dispo au public : 15/12/15

Problématique

Cette poésie d’inspiration mystique, de Serge Félix-Tchicaya puise dans la très longue tradition de l’universel. Elle s’est nourrie d’une influence des textes sacrés, pour dévoiler son incompressible soif du Douk’dak, dont est jaloux tout fils de Loango. Lequel ne peut ignorer aujourd’hui « … Cette histoire, celle des sœurs jumelles, dansant la nuit et le jour, sur le rivage d’un Loango vieilli, désabusé ; ne sachant que faire de son passé glorieux… ».

En effet, par le passé, « À cette époque, le Loango s’enivrait quotidiennement de spiritueux, ce qui le rendait incapable de gérer ses richesses, enviées des habitants de la planète Mars… »

Cette quête spirituelle, héritière des Félix-Tchicaya, dont l’U’Tamsi de Diosso…, navigue à travers toutes les humanités pour nous dévoiler que « Le salut n’a pas de couleur ; il n’est ni juif, ni musulman, ni chrétien, ni kongo, ni… Il se pose sur celui qui ressemble à la verge de moshé. »

C’est un univers poétique d’un genre nouveau que Serge Félix-Tchicaya offre au lecteur avec quelques maximes en guise de morceaux choisis :

« Pourtant l’humain est au-dessus de toutes ces obédiences… »

« En effet, le monde changera le jour où les obédiences s’envoleront,… »

« Si la vertu, demain, est l’apanage des menteurs, le mensonge demeurera alors le porte-parole de la Vérité ! »

Mais il s’agit aussi des écrits, pour une renaissance, qui fondent souvent la grandeur des peuples, car «  la résurrection du Loango empruntera le sentier qui jouxte le saint des saints afin de se délester de sa nature congolaise. »

Possibilité de télécharger aussi le fichier PDF suivant : PubLoangotr1



Le temps de la désobéissance civile au Congo

Par • 6 Nov 2015 • Catégorie: Actualités, Livres

Le temps de la désobéissance civile au Congo

S’il y avait une échelle de Richter de la violence, la République du Congo se situerait au niveau 9, c’est à dire la position la plus catastrophique : assassinats, répressions violentes, guerres civiles, coups d’Etat réels ou virtuels, ont émaillé l’histoire politique de cette ancienne colonie française depuis l’indépendance acquise en 1960, avec pour corollaire, des milliers de morts et une pauvreté chronique dont le pays tarde à se remettre. Tous ces drames ont pour commun dénominateur la prise du pouvoir et/ou sa conservation.

Liminaire :

Le texte sur la désobéissance civile a suscité beaucoup de réactions. Pour recueillir d’autres signatures et archiver le débat, Paari éditeur laisse ce portail ouvert.

Les noms supplémentaires seront rajoutés sur le texte au fur et à mesure de votre inscription.

Les articles et réactions complémentaires, seront également placés sur le site du café littéraire.

Au final, l’ensemble des textes feront partie d’un ouvrage qui fixera la une fois pour toutes la mémoire collective.

Pour signer « Le temps de la désobéissance civile au Congo », postez votre nom, prénom, fonction et adresse mail afin que votre nom soit placé sur la base des données. Plus nombreux nous serons, plus nous contribuerons à faire entendre la voix des sans voix au Congo.

La fenêtre de commentaire se trouve à la fin (Après la dernière photo).

Télécharger le fichier PDF actualisé des signatures (07/11/15) : Désobéissance7N

Le temps de la désobéissance civile au Congo

S’il y avait une échelle de Richter de la violence, la République du Congo se situerait au niveau 9, c’est à dire la position la plus catastrophique : assassinats, répressions violentes, guerres civiles, coups d’Etat réels ou virtuels, ont émaillé l’histoire politique de cette ancienne colonie française depuis l’indépendance acquise en 1960, avec pour corollaire, des milliers de morts et une pauvreté chronique dont le pays tarde à se remettre. Tous ces drames ont pour commun dénominateur la prise du pouvoir et/ou sa conservation.

Pour remédier de façon définitive à cette fatalité, la nation s’est retrouvée toute entière, sans exclusive et de façon solennelle, en une Conférence Nationale Souveraine (CNS) pour fixer les règles devant permettre à la vie politique de se redéployer sur des bases plus démocratiques, afin de conjuguer les efforts et affronter les enjeux de développement.

Ces règles du jeu, acceptées par tous, furent enchâssées dans la Constitution de 1992. Parmi celles-ci figurent, notamment, le multipartisme, les élections libres, le droit à la désobéissance civile et surtout, la limitation à deux du nombre de mandats du Président de la République, garantissant ainsi l’alternance et le renouvellement à la tête de l’Etat.

Mais voilà qu’après avoir cumulé plus de trente années à la tête de l’Etat, le Général Denis Sassou Nguesso, décide arbitrairement de changer les règles du jeu, avant l’échéance de son second et dernier mandat. Les principes si chèrement acquis à la Conférence Nationale, repris pour certains dans la Constitution en vigueur depuis 2002, sont donc remis en cause.

Le nouveau texte constitutionnel, élaboré dans l’opacité la plus totale, lui donne ainsi la possibilité de rempiler pour un nouveau mandat, renouvelable deux fois, et pourquoi pas, se faire succéder par un des siens, créant alors une dynastie. Par ailleurs, ce texte stipule en ses articles 10 et 91 l’immunité « planétaire » du Président de la République : « … Aucune poursuite pour des faits qualifiés de crime, délit ou manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ne peut être exercée contre le président de la République après la cessation de ses fonctions. » (Cf. Article 91 de la Constitution soumise le 25/10/2015 au Référendum boycotté par les Congolais). Cette disposition officialise a posteriori, à la face du monde, les pratiques mafieuses ayant jalonné depuis 1977 l’offre politique de Denis Sassou Nguesso (assassinats de deux présidents de la République et d’un Cardinal en 1977 …), et institue ipso facto l’impunité généralisée.

Faute d’alternance démocratique au sommet de l’Etat, le Congo risque de renouer avec ses vieux démons : l’instabilité et la lutte acharnée pour le pouvoir, avec son lot de victimes.

Dans le simulacre de référendum constitutionnel du 25 octobre 2015 au Congo, il ne s’agissait pas d’exercer son devoir de citoyen en allant voter librement, en toute conscience, pour ou contre un texte de loi comme l’ont seriné les partisans du changement de Constitution. Il s’agissait de donner un vernis démocratique à un exercice frauduleux dont le résultat était connu d’avance.

La sagesse aurait voulu que le Général Denis Sassou Nguesso retire son projet de référendum. Malheureusement, il ne l’a pas fait. Illégalité. Forfaiture. Parjure. Dans ces conditions, aller voter NON, n’aurait rien changé, les urnes congolaises sous le règne du Général Denis Sassou Nguesso ayant un pouvoir miraculeux : tout bulletin NON qui y entre, en ressort transformé en OUI. Inutile donc d’aller voter car toutes les élections organisées par le Général Denis Sassou Nguesso depuis qu’il détient les rênes du pouvoir sont truquées.

Boycotter non plus, n’aurait servi à rien, la liste électorale étant faite de telle sorte que le pouvoir trouve toujours le nombre d’électeurs qu’il lui faut. Qui, par exemple, ignore qu’entre 2007 et 2014, la région de la Cuvette a connu une croissance démographique fulgurante et fictive de 45%, alors qu’au cours de la même période, la région du Niari, l’une des plus dynamiques du pays, a enregistré une étonnante baisse démographique de près de 20% (Cf. Commission Nationale des Elections, 2014, Congo). Ceci conforte le rapport de mission de l’Organisation Internationale de la Francophonie datant de 2013, qui stipule : « … la mauvaise qualité des listes électorales peut induire un important biais dans le résultat du scrutin, par exemple lorsqu’un groupe est sous-représenté ou surreprésenté en fonction de sa région de domicile, de son âge, de son sexe, de son ethnie, de sa religion ou de sa langue. »

Le 25 octobre 2015, un nouveau coup d’Etat contre la République a eu lieu. Et ce, au mépris des dispositions des articles 17 point 1, et 25 point 5, de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, et en totale contradiction avec les engagements de la communauté internationale tels qu’exprimés aussi bien par le président de la République Française, François Hollande, au Sommet de la Francophonie en novembre 2014, que par le président Américain, Barack Obama, au Sommet USA-Afrique en août 2014.

Maintenant est donc arrivé le temps de la désobéissance civile. Un droit constitutionnellement garanti, dans l’esprit républicain de la Conférence Nationale Souveraine de 1991.

Emmanuel Dongala, Ecrivain,

Richard B. Fisher Chair in Natural Sciences (Emeritus)

Bard College at Simons’s Rock, Massachusetts, USA

Mail : edongala@simons-rock.edu

Contacts et co-signataires :

Noël Magloire Ndoba, économiste universitaire, coordinateur du projet PURADDEP

Mail : bantuonline2009@gmail.com

Mawawa Mâwa-Kiese, Physicien

Mail : edpaari@yahoo.fr

Paris le 28/10/2015

Premiers Signataires

Aty Tsati Gilbert Journaliste
Babimba Roger Administratif
Bakima Baliele Mathieu Enseignant, Journaliste
Balonga Justin Enseignant
Balossa Joachim Enseignant
Bamezon Rostide RH
Baouna Bedel Journaliste
Bathem Léopold Evariste Avocat
Biango Mingwa Chef de projet (Telecom)
Bidounga Olivier Conservateur de Musée, retraité
Bimbou Gustave Journaliste
Bowao Charles-Zacharie Philosophe
Colelat Mary Albert Professeur de Droit, retraité
Dandila Justin Juriste
Dilou Bernadin Economiste
Djess Kibangou Maurice Economiste
Dzaba Jean-Benoît Economiste
Elenga Ayina Economiste
Facho Balaam Faustin Universitaire (Tchadien)
Itoua Okongo Jérôme Juriste
Kihoulou Antoine Historien
Kivouvou Donatien Architecte
Kounzilat Alain Editeur
Kwaou-Mathey Théodore Designer
Laokole Annette-Yoram Politiste (Tchadienne)
Libissa Alexandre Magloire Médecin
Loubassou Joseph
Loubelo Eugène-Fernand Physiologiste
Loukakala-Matsiona Basile Chef de projet (Telecom)
Loutaya Rosalie Infirmière Hospitalier
Louzala Maurille Enseignant
Mabandza Edouard Animateur Social
Mabiala Joseph Enseignant-Chercheur
Malalou Koumba Gertrude Enseignant-Chercheur
Maleckat Jean-Luc Economiste
Manckassa Christian Jean Claude Contrôleur de gestion
Mankessi Guy Journaliste
Manona Martin Historien et Administrateur
Mapingou Marc Sociologue
Mationgo Sébastien Philosophe
Mavoungou Pambou René Universitaire
Mbemba Théophile Logisticien
Mbemba-Dya-Benazo-Mbanzulu Rudy Avocat et Kongologue
Mboukou Alphonse Universitaire
Mene Berre José Consultant (Gabonnais)
Miayoukou Alexis Consultant
Missamou Jean-Félix Informaticien
Missamou Philippe Avocat
Missengué François Enseignant
Mohamed-Ali Abali Enseignant (Tchadien)
Mouanda-Moussoki Prosper Enseignant
Mouberi Aimé Avocat
Moukala Ferdinand-Justice Juriste
Moukolo Joseph Enseignant
Moussounda Simon-Pierre Romancier (Colonel)
Moutsila Brian Maintenance Informatique
Moutsila Ludwig-Josef Logisticien
Moutsila Winne Cadre hospitalier
Moutsila Astrid Cadre territorial
Moutsila Benjamin Professeur Retraité
Myamballat N.G. Sosthène Docteur Ingénieur
Ngolongolo Appolinaire Journaliste, écrivain
Nkounkou Séverin Enseignant Biotechnologie
Ntoungamani Benjamin Enseignant
Pantou Eric Avocat
Sadio-Morel Kanté Journaliste
Samba Dia Nkoumbi Jean-Richard Economiste
Tchinkati Rodrigue Informaticien
Touanga Marcel Colonel
Tsouares Paul Architecte
Youlou Philippe Avocat

Interview d\’Alexis-Richard Miayoukou

BYEqeALMbegInterview d\’Alexis Miayoukou

Benjamin Toungamani demande aux Congolais de continuer la lutte contre Sassou-Nguesso

watch?v=EE1G2LziTwA



L’ANTHROPOLOGIE DANS UN MONDE EN MOUVEMENT. Le lointain et le proche

Par • 29 Oct 2015 • Catégorie: Actualités, Contributeurs et auteurs, Évènements
L’ANTHROPOLOGIE
DANS UN MONDE EN MOUVEMENT
Le lointain et le proche
Auteur : Abel Kouvouama
Format : 148*210 mm / Folio : 208 pages / Parution : 02/11/2015
ISBN : 2-84220-090-9 / Prix : 20 €
Résumé :
L’anthropologie dans un monde en mouvement, tel est le titre retenu pour rendre compte du double processus révélateur de l’irruption de tout événement marqué d’une part, du sceau de la nouveauté, de l’inédit, de l’actualité, de la mobilité, et d’autre part, de l’épreuve, de l’agir et de l’incertain. Les figures par lesquelles se manifeste le mouvement sont nombreuses. Celles qui sont analysées dans cet ouvrage permettent, à travers des mouvements de pensée, d’en dessiner les contours dont le projet scientifique et pédagogique affleure de part en part. Elles permettent d’évoquer les problèmes centraux touchant, à partir des  « foyers d’expérience » d’ici et d’ailleurs, à l’anthropologie et son enseignement à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, aux épistémès des sciences sociales et humaines en Afrique et en France, aux figures d’anthropologues, de sociologues, ainsi qu’aux figures « d’intellectuels collectifs ».
Les deux questions épistémologiques et théoriques relatives au relativisme et à l’universalisme sont bel et bien au centre de la démarche anthropologique contemporaine. Tous les praticiens de l’anthropologie sont, d’une manière ou d’une autre dans leur pratique, souvent confrontés à ces deux exigences fondamentales d’exercice du métier d’anthropologue. C’est pourquoi, la démarche critique des faits sociaux analysés dans cet ouvrage s’est
efforcée d’être attentive à ces questions.
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L’illuminé

Par • 27 Juil 2015 • Catégorie: Actualités, Café littéraire, Évènements
Auteur : Ndalla Claude-Ernest (Graille)
Format : 110*180 mm
Folio : 152 pages / Poids : 120 gr.
Date de parution : 25 juillet 2015
ISBN : 2-84220-088-6
Prix : 14 € ; 9000 Frs Cfa

Problématique

Le cœur du bassin du Congo vibre dans le quasi-lac du Pool-Malébo à travers les villes jumelles de Brazzaville et Kinshasa. Tout soubresaut qui affecte une des capitales, se répercute immédiatement sur l’autre : Quand Brazzaville tousse, Kinshasa a la fièvre et vice-versa.
Les deux Congo sont englués dans une tourmente de lutte pour le pouvoir, depuis les années soixante, dans laquelle les puissances occidentales tirent les ficelles. Ces influences datent depuis l’époque des messianismes avec Simon Kimbangu et André Grenard Matsoua. Lesquels, ne sont que la réminiscence des luttes politico-religieuses contre l’esclavage d’une part, et l’irruption du catholicisme en terre kongo d’autre part. Kimpa-Mvita, brûlée vive le 02 juillet 1706 à Evuluvu (Mbanza-Kongo), a souffert le martyre de ce choc des civilisations, entre le royaume Kongo et l’Europe.
En 1998, l’illuminé émerge au Congo-Brazzaville, comme prétexte à une guerre dont les conséquences perdurent encore. L’illuminé pasteur, est le pendant de Né Muanda Nsémi en R.D. Congo, dans cette riche région tropicale où les autochtones sont paupérisés, malgré les revenus colossaux issus de l’exploitation des matières premières.
A travers cet illuminé, l’auteur nous fait percevoir la complexité et l’imbrication des enjeux, ainsi que l’immaturité politique de certains acteurs auto-proclamés. « … Le grand combat à mener actuellement dans ce Congo désarticulé et en lambeaux, c’est le combat avec nous-mêmes pour nous débarrasser de l’angoisse, source de l’agressivité et de toutes les aliénations… N’ayons pas peur de dire : « c’est assez ! Trop de sang ! Trop de souffrances et de misère ! » ».
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