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Génocide à huis clos dans le Pool en République du Congo-Brazzaville

Par Café Littéraire • 1 juin 2017 • Catégorie: Actualités

« To ko barrer bino« , on va vous tuer,… répète le bourreau à sa victime

SOS POOL

Avant-Propos : Les dernières heures de Loko à Nganga Lingolo, ce 1er juin 2017.

La vidéo de ce 1er juin 2017 prise à Nganga-Lingolo, montre que la guerre d’extermination des ressortissants du Pool résidant à Brazzaville est déjà en marche. En effet après avoir vidé les villages de leurs populations. Celles-ci sont venues massivement à Brazzaville croyant y trouver la sécurité. Sans savoir que dans le nouveau plan concocté par Sassou et son cabinet d’extermination des ressortissants du Pool, il fallait d’abord rendre les villages invivables puis prendre en sandwich entre le CCF (Centre Culturel Français, actuel Institut Français) et Nganga Lingolo, les habitants de Bacongo Makélékélé, pour leur extermination.

La scène qui va suivre est très grave. Il y en a eu des milliers pire que celle-ci au Congo depuis 1997. Mais celle-ci montre les dernières heures de Loko et ses concitoyens d’infortune, jetés dans la benne d’une camionnette de police. Loko a reçu une balle dans son dos au niveau du bassin… Les bourreaux sont des Congolais comme lui…


Avec cette vidéo, en cliquant sur le lien NgangaLingolo imaginez le drame que les Congolais du Pool  subissent depuis plus d’une année :

NgangaLingolo

Argumentaire

Les populations du Congo Brazzaville, opposées au changement constitutionnel du 25/10/2015, ainsi qu’au Hold-Up électoral du 04 avril 2016 opéré par le Dictateur-Tyran Sassou-Nguesso, vivent sous un état de siège militaire et policier. C’est particulièrement le cas des populations du département du Pool, qui depuis le 04 avril 2016 sont annihilées à travers un programme d’extermination de masse bien élaboré.

Lequel a commencé, le 5 avril 2016 par la destruction des registres d’états civils, des quartiers sud de Brazzaville, Bacongo, Makélékélé, M’filou, qui datent de l’époque coloniale. C’est dans ces mairies que les populations du Pool, venues des villages viennent généralement enregistrer les naissances.

Comme en 1998, le prétexte a vite été fabriqué par Mr Sassou en armant des anciens Ninja-Nsilulu, ayant par le passé servi auprès de Frédéric Ntumi. Ceux-ci, avaient terrorisé les populations de Brazzaville et mis le feu aux bureaux d’Etats-Civils des mairies, le 05/04/2016. Le pouvoir avait crié au terrorisme, pour se donner bonne conscience et coller à la mode internationale. La mythomanie de Sassou se comprend aisément par cette phrase : « … Brazzaville Sud a subi une attaque terroriste par les Ninja-Nsilulu de Frédéric Binsangu Ntumi… Ces « terroristes » sont opposés à ma réélection, donc il faut que l’armée aille les déloger ».

Ainsi, depuis avril 2016, les populations du Pool sont bombardées et décimées. Ce qui se passe dans le Pool est innommable, et dépasse de très loin le génocide rwandais de 1994. Aucune organisation humanitaire n’a été autorisée à s’y rendre. La seule organisation congolaise, Caritas, contrôlée par le pouvoir, ne nous dévoile que le pic d’un iceberg de crimes qui rivalisent en horreur avec les atrocités des Nazis en Europe.

Comme en 1998, cette fois-ci Ntumi n’est qu’un prétexte. C’est Sassou Nguesso et son système mafieux qui a décidé d’en finir avec les populations du département du Pool, et ceci en deux phases :

Phase 1 – Vider complètement tous les villages de leurs habitants, pour les remplacer par des miliciens recrutés dans d’autres pays africains. Pour leur installation, ces miliciens seront financés sur des projets agricoles et constitueront un nouvel électorat acquis à sa succession monarchique. Ceci peut se vérifier aisément entre Nganga-Lingolo et Kinkala, le long de la nationale n°1, où les populations ont été remplacées par des hommes en armes.

Phase 2- Comme en avril 2016, un groupe de miliciens sera instrumentalisé pour commettre des exactions dans Brazzaville. Ce qui permettra à Sassou d’actionner le second volet de son projet macabre. Sous le prétexte fallacieux que les terroristes sont entrés dans Brazzaville, il va enfin rééditer le mode opératoire du 18 décembre 1998 consistant à ratisser parcelle par parcelle, Bacongo, Makélékélé et M’filou pour exterminer de nouveau les civils. Les conditions sont en train d’être réunies pour activer cette seconde phase. La déclaration de la Fédération IDC Focad signale : « … Les unités gouvernementales tombent de plus en plus dans les embuscades des partisans du Révérend Pasteur Ntoumi… ». Même si une autodéfense éparse de  résistants se manifeste sporadiquement, celle-ci n’est pas à l’origine de l’extermination des populations civiles.

Toutes les tragédies humaines en cours au Congo sont de la responsabilité de Sassou Nguesso et son armée de mercenaires.

Ainsi, sur le théatre du Pool, Sassou joue également le rôle de pompier pyromane qu’il a déjà expérimenté en 1998 (Les exécutions des six chercheurs congolais à Goma Tsétsé, ainsi que les tueries de Mindouli) et en 1999 (Les disparus du Beach). Il envoie des troupes régulières, des jeunes recrus, dans certains villages du Pool pour soi-disant assurer la sécurité des populations et chercher Ntumi. Mais en même temps, il donne des ordres à d’autres unités militaires issues soit de Tchambitcho, soit de sa Garde Républicaine (GR), soit de mercenaires expérimentés. Ces unités vont prendre en embuscade les troupes régulières qui tombent, pour perpétuer le mensonge de terroristes installés dans le département du Pool. Les hélicoptères de combat ont même été utilisés pour exécuter les militaires de l’armée dans le Pool.

Les succès militaires attribués aux résistants du Pool, relayés dans les réseaux sociaux, sont exagérés. Ils visent à escamoter le fait qu’en 14 mois de siège, plus de 350 villages ont été rayés de la carte du Congo et près de 300.000 personnes ont disparu. Ces disparitions sont-elles le fait des résistants ?

Les résistants du Pool n’ont jamais déclenché une quelconque guerre pour venir conquérir le pouvoir  à Brazzaville. Mais ils résistent simplement au génocide en cours.

Sassou fait diversion auprès de la communauté internationale. Le référendum ayant été anticonstitutionnel, le hold-up électoral de 2016 ayant été un gros mensonge. Sassou crée de son propre chef une guerre d’extermination des civils dans le Pool pour faire oublier l’imbroglio institutionnel qui règne dans ce pays qui navigue entre deux constitutions.

Le mythomane Sassou, pour continuer à coller à la donne internationale, est obligé lui-même, parfois,  d’organiser le meurtre de ses propres militaires, pour légitimer avec hypocrisie la thèse que son armée combat des terroristes, qui sévissent dans le département du Pool, et qui causent des pertes dans ses rangs.

D’où cette tribune. A compter de ce 1er juin 2017, à travers cette vitrine, Paari éditeur, va relayer cette actualité de crimes humains pour que la communauté internationale qui refuse de saisir le conseil de sécurité de l’ONU sur cette tragédie, ne dise plus qu’elle ne savait pas.

Paris le 1er juin 2017.

Mawawa Mâwa-Kiese

Ancien Parlementaire (Janvier 1998 -Décembre 1998), ayant démissionné à cause du génocide du 18 décembre 1998 qui s’est poursuivi jusqu’en 2002.

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